On me demande souvent pourquoi je vis à Maurice. Je pourrais te sortir la liste habituelle : le soleil, la mer, la fiscalité. Mais ce n’est pas ça que je veux te partager. Je veux te parler de ce qu’on ne ressent que quand on y vit vraiment, et qui fait, selon moi, toute la différence avec les autres destinations.
Parce qu’il y a beaucoup d’endroits où l’on peut s’expatrier. Mais très peu, à mon avis, où l’on peut réellement se créer une vie. Et c’est de ça qu’il s’agit.
Ici, les gens restent
Le premier point fort de Maurice, et je vois très peu de monde en parler, c’est que les gens y restent. On ne vient pas à Maurice pour trois ou six mois, comme ça peut être le cas à Bali, à Dubaï ou en Thaïlande. On vient généralement pour s’installer, prendre sa maison, et rester des années.
Je ne connais personne qui soit resté moins de deux ou trois ans. Tous mes amis ici sont installés pour une durée indéterminée. C’est très différent d’autres destinations où la plupart des gens sont de passage, ou savent déjà qu’ils repartiront.
Et ça, c’est bien plus important qu’on ne le croit. Parce que ce qui compte vraiment quand tu vis quelque part, c’est de pouvoir créer de vraies relations, durables, solides. Ce que j’appelle des points d’ancrage. Les amis qui restent, les autres parents d’élèves à l’école, le voisin, les gens qui construisent leur vie au même endroit que toi. Sans ces ancrages, tu ne fais que transiter. Avec eux, tu t’enracines.
Une proximité culturelle qui change tout
Pourquoi c’est plus facile à Maurice qu’ailleurs ? Parce que la culture mauricienne est incroyablement proche de la nôtre, en tout cas de la façon de penser française, belge, suisse.
À Bali, en Thaïlande, il y a un vrai choc de culture. Des manières de penser parfois à l’opposé des nôtres, sur les relations, l’argent, la famille. Créer une vraie amitié profonde avec quelqu’un dont la mentalité est à l’autre bout du spectre, c’est difficile, surtout dans la durée. À Maurice, énormément de gens ont étudié en Europe, connaissent la France, adorent les Européens. Tu peux avoir une discussion avec un restaurateur mauricien aussi riche et informée qu’avec un restaurateur en France. Et de ces discussions naissent de vraies amitiés.
Il y a aussi une culture de l’accueil qui aide beaucoup. Ici, on adore recevoir. Beaucoup de gens ont une villa avec un jardin, on s’invite à des repas, à des barbecues, chez les uns puis chez les autres. À Dubaï ou à Bangkok, on vit plutôt en appartement et on se retrouve dans des lieux publics. La différence est énorme quand il s’agit de tisser des liens qui comptent. Je te le dis d’ailleurs en toute honnêteté : je suis quelqu’un d’assez introverti à la base, je me suis longtemps forcé à aller vers les gens. Et même pour moi, l’intégration a été naturelle ici.
Un pays qui s’ouvre à toi petit à petit
Il y a un dernier truc que tu dois comprendre sur Maurice. C’est un endroit qui ne se donne pas au premier regard. Rien n’est étalé, référencé, disponible en un clic comme à Dubaï, où tout se trouve sur une application.
Ici, c’est l’inverse. Les meilleurs restaurants, les plus beaux hôtels, les bonnes adresses, tu ne les trouves pas en cherchant sur internet. Il faut connaître, avoir des contacts, gratter un peu sous la surface. Ce n’est pas caché, c’est juste que ça se mérite, par le bouche à oreille et par le temps. La première fois que je suis arrivé, j’avais l’impression qu’il y avait trois restaurants. Aujourd’hui, je pourrais en faire un différent chaque jour pendant un mois, rien que dans le nord.
C’est ça qui rend l’endroit précieux. Maurice s’ouvre à toi progressivement. Tu t’intègres, tu te fais des amis, des contacts, tu accumules ces petits points d’intérêt, ces adresses, ces relations. Et un jour, tu réalises quelque chose que j’ai adoré retrouver ici et que j’avais perdu en France : le plaisir de connaître ses commerçants. Ton boucher, ton primeur, le restaurateur du coin. On prend le temps, on discute, on se connaît. C’est exactement l’inverse du stress de se garer en double file pour attraper un truc en vitesse. C’est une vie, une vraie, avec ses amis, ses commerçants, ses petits lieux un peu secrets, ses repas en famille. Voilà pourquoi je suis resté.
Alors dis-moi en commentaire, ça m’intéresse : pour toi, qu’est-ce qui fait qu’on se sent vraiment « chez soi » quelque part ? Le climat, les gens, les habitudes du quotidien ? Et est-ce que tu as déjà rêvé de tout recommencer ailleurs, ou est-ce que l’idée de repartir de zéro te fait plutôt peur ? Raconte-moi.
Je raconte tout ça avec mes anecdotes dans un épisode complet. Si tu veux l’écouter, tu le retrouves ici :
- Rémy




