J’ai eu une révélation ce matin en me rendant compte d’un truc bizarre. Je produis un article long par jour sur LinkedIn, un short par jour sur Instagram, YouTube et TikTok, un podcast par semaine, trois vidéos solo par semaine et une vidéo par semaine sur ma chaîne principale. Et je trouve ça simple. Léger. Facile. Presque sans effort.
Et je me suis dit : comment c’est possible ? Ça fait presque 10 ans que je crée du contenu sur YouTube. Je sais à quel point c’est difficile, à quel point ça demande de persévérance, à quel point c’est dur de tenir sur le long terme. Et pourtant, là, maintenant, en ce moment, j’ai l’impression de ne pas forcer.
Alors je me suis posé la question inverse. Pourquoi, avant, c’était si dur ? Pourquoi, avant, j’avais une pression énorme sur la création de contenu ? Pourquoi j’avais l’impression de me battre contre un mur ?
Et la réponse est tombée de façon limpide. Parce que chaque fois que j’arrivais à maintenir un rythme, je voulais faire plus. Systématiquement.
Trois vidéos par semaine ? Bien. Passons à six. Six ? Essayons trois par jour. J’ai déjà posté jusqu’à quatre ou cinq shorts par jour. Et à chaque fois, le schéma était le même : je tenais un mois, deux mois, peut-être trois. Puis je craquais. Et quand je craquais, je ne retombais pas à trois vidéos par semaine. Je retombais à zéro. Et repartir de zéro, c’est dix fois plus dur que de maintenir un rythme.
L’impatience est le tueur silencieux de tous les projets long terme, et elle se déguise en ambition
Ce que j’ai mis des années à comprendre, c’est que mon envie de “faire plus” n’était pas de l’ambition. C’était de l’impatience. Et l’impatience, déguisée en ambition, est probablement le piège le plus destructeur pour un entrepreneur.
L’ambition, c’est vouloir atteindre un objectif important sur le long terme. L’impatience, c’est vouloir l’atteindre maintenant, quitte à brûler les étapes et à s’effondrer en chemin.
Et le problème de l’impatience, c’est qu’elle ne se présente jamais comme ça. Elle se présente comme une qualité. “Je suis ambitieux, je veux aller vite, je ne me contente pas de peu.” Ça sonne bien. Mais dans la réalité, ça donne ça : sprint de 3 mois, burnout, retour à zéro, sprint de 3 mois, burnout, retour à zéro.
Et quand vous prenez du recul sur une année entière, votre courbe de résultats est plate. Parce que les pics des sprints sont annulés par les creux des burnouts. La moyenne ne bouge pas.
À l’inverse, quelqu’un qui fait trois vidéos par semaine pendant 3 ans sans interruption aura une courbe exponentielle. Lente au début, invisible même. Mais après 150 semaines de régularité, les résultats commencent à devenir massifs.
Et c’est la leçon la plus douloureuse à accepter : vous avez plus de chances de réussir en faisant peu sur le très long terme qu’en faisant énormément sur le court terme.
Comment j’ai trouvé mon rythme soutenable et pourquoi je refuse volontairement d’en faire plus
Aujourd’hui, je fais trois épisodes de podcast par semaine. C’est tellement simple et léger pour moi que je n’y pense même pas. Zéro stress, zéro pression. Je prends mon téléphone, je m’installe, je parle pendant 15 ou 20 minutes. Pas de script, pas de montage, pas de production. C’est fait.
Et ce rythme, je sais que je pourrais le tenir pendant des années. Peut-être pour toujours. C’est un rythme à durée indéterminée.
Alors que si je décidais de passer à six épisodes par semaine, je tiendrais peut-être deux semaines. Trois si je suis motivé. Puis je lâcherais tout.
Et voici la clé : je refuse volontairement d’en faire plus. Pas parce que je suis fainéant. Parce que je sais que “plus” me détruirait. Je l’ai vécu trop de fois pour ne pas l’avoir compris.
L’effet cumulé est ma seule certitude. Trois vidéos par semaine pendant 3 ans, c’est plus de 450 épisodes. 450 épisodes construisent une audience, une crédibilité, une relation avec des milliers de personnes. Et tout ça se fait sans stress, sans pression, sans jamais avoir à “repartir de zéro” parce que j’aurais trop tiré sur la corde.
Les 3 règles du rythme soutenable que j’applique maintenant à tous les domaines de ma vie
Règle 1 : trouvez le rythme que vous pourriez tenir indéfiniment, pas le rythme maximal que vous pouvez supporter
La question n’est pas “Combien je peux produire ?” C’est “Combien je peux produire sans jamais vouloir arrêter ?” Le premier vous mène au burnout. Le second vous mène aux résultats exponentiels. C’est un rythme qui n’est ni trop faible (un rythme de chômeur) ni trop intense (un rythme de burnout). C’est le juste milieu que vous pouvez maintenir pendant des années.
Règle 2 : quand vous atteignez un bon rythme, résistez à la tentation de le doubler
C’est la partie la plus difficile. Parce que quand les choses vont bien, tout en vous crie “Fais plus !” Mais “faire plus” est le premier pas vers “ne plus rien faire.” La discipline n’est pas de travailler plus. La discipline, c’est de résister à l’envie de travailler plus quand ça va bien, pour préserver votre capacité à travailler longtemps.
Règle 3 : faites confiance à l’effet cumulé et arrêtez de regarder les résultats à court terme
Trois vidéos par semaine, ça ne produit rien de visible le premier mois. Ni le deuxième. Ni peut-être même le sixième. Mais au bout d’un an, les fondations sont là. Au bout de deux ans, la croissance s’accélère. Au bout de trois ans, les résultats sont spectaculaires. Mais seulement si vous n’avez pas craqué entre-temps en voulant aller trop vite.
Je vais garder mon rythme actuel. Volontairement, consciemment, je ne ferai pas plus. Et dans un an, dans deux ans, dans trois ans, vous verrez les résultats. Ils seront la preuve que le rythme soutenable bat le sprint à tous les coups.
Je parle plus en détail de ce sujet en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy



