J’ai reçu Jamcore DZ (Jamo pour les intimes) dans Maverick. Ex-bodybuilder professionnel, 60 ans, presque 45 ans dans le business du fitness, il a côtoyé les plus gros noms du bodybuilding mondial pendant sa carrière. Quand je lui ai demandé ce qu’il retenait de cette époque, il ne m’a pas parlé de trophées. Il m’a parlé de mentalité.
Et plus il parlait, plus je me disais que ce qu’il décrivait n’avait rien à voir avec la muscu. C’était un manuel de discipline entrepreneuriale déguisé en anecdotes de salle de gym. Je te partage les déclics qui m’ont le plus marqué, parce que je pense qu’ils peuvent changer ta façon de bosser.
La discipline ne se choisit pas, elle se forge dans l’adversité
Jamo m’a raconté un épisode qui résume tout. Jeune bodybuilder à Londres, il vient de gagner sa première compétition toutes catégories. Le propriétaire de la salle le repère, l’accueille sans lui faire payer l’entraînement, et le sponsorise. Jamo devient vite l’un des meilleurs de la salle. Sauf qu’avec le succès arrive l’ego. Comme il le dit lui-même : “je développe un ego énorme, j’étais jeune, plein de testos et j’avais le monde à mes pieds.” Il arrête de s’entraîner sérieusement, persuadé qu’il gagnera de toute façon.
Résultat : il perd une compétition face à la salle rivale. Une défaite humiliante, sur le podium, devant tout le monde. Le lendemain, son mentor le regarde et lui lance une phrase brutale : ne fais plus jamais ça, ou dégage.
Ce que Jamo fait ensuite, c’est ce qui m’a le plus marqué. Il s’entraîne “dans l’honneur” pendant trois ans. Dormir, manger, s’entraîner, travailler. Rien d’autre. À chaque série lourde, il pense à la personne qui l’a battu, devenue plus tard un ami proche, pour se rappeler pourquoi il est là. Résultat : il gagne 15 kilos de muscle en trois ans et revient en battant tout le monde.
Sa conclusion, je la trouve juste : “on échoue jamais dans la vie. C’est là où tu deviens la personne que tu deviens.” L’échec n’est pas l’inverse du succès, c’est souvent la matière première avec laquelle il se construit. Le déclic pour toi : si un échec récent t’a mis à terre, la question n’est pas “comment je l’évite la prochaine fois” mais “qu’est-ce que je fais des trois prochaines années avec cette leçon”. La discipline naît rarement du confort. Elle naît du moment où tu décides de ne plus jamais revivre une humiliation.
La consistance bat le talent, toujours
Jamo revient sans cesse sur un mot : consistance. Pas la motivation, pas l’inspiration du lundi matin. La régularité brute, day in day out. Il le dit sans détour : les gens qui bloquent, c’est ceux qui réfléchissent trop au lieu de passer à l’action. “J’adore échouer, parce que j’apprends”, résume-t-il.
Ce qui m’a frappé, c’est qu’il applique cette philosophie à son propre business en ce moment même. Quand l’algorithme YouTube a changé et qu’il a vu son trafic s’effondrer, il n’a pas paniqué ni abandonné : il a étudié sa chaîne, changé de niche, ajusté son format, et retrouvé sa traction. Pas de raccourci miracle, juste une remise en question méthodique et répétée.
C’est exactement ce que je répète dans mes propres contenus : ce n’est jamais la vidéo géniale ou le lancement parfait qui construit un business, c’est l’empilement de journées ordinaires où tu fais le travail même sans envie. Jamo l’a vécu à l’extrême, avec des années entières où le seul programme était : s’entraîner, encore et encore, jusqu’à ce que le résultat vienne.
Arrête de courir après l’argent, il te fuira
Un des passages les plus forts de l’interview, c’est quand Jamo raconte un client à lui, guéri d’un cancer, qui lui a posé une question simple : “Djamo, tu sais comment faire de l’argent ?” Sa réponse : “Si tu veux te faire de l’argent, c’est simple, tu ne penses pas à l’argent. Parce que plus tu penses à l’argent, moins tu as de capacité à le faire.”
L’explication est limpide. Quand tu penses uniquement à l’argent, tu stresses. Ton focus et ton énergie partent dans la recherche du résultat au lieu d’aller dans le développement de tes capacités et de ton savoir. Or c’est précisément ce savoir qui génère l’argent, pas l’inverse.
Jamo va plus loin, avec une franchise rare : ceux qui font de l’argent rapidement en arnaquant les gens le perdent aussi vite, et ne sont jamais satisfaits, “parce qu’ils ne l’ont pas gagné, ils n’ont pas appris comment le gagner.” Il dit dormir bien la nuit, pas parce qu’il est riche, mais parce que chaque euro gagné correspond à une compétence développée.
Le déclic entrepreneurial est évident. Si tu passes tes journées à checker ton chiffre d’affaires au lieu de perfectionner ton offre, ton produit ou ta compréhension de ton client, tu inverses la cause et la conséquence. L’argent est un indicateur en retard sur la valeur que tu apportes. Concentre-toi sur la valeur, le chiffre suit.
Traite tout le monde pareil, même les stars, c’est ça qui construit la confiance
Jamo a entraîné une brochette de clients impressionnante à Los Angeles : la famille de Tom Selleck, la femme de Tiger Woods, des membres des Red Hot Chili Peppers. Il raconte aussi comment un médecin lui a présenté un client anonyme, en réalité l’entourage de P. Diddy, qui voulait qu’il vienne s’entraîner à domicile à 4h du matin après ses soirées. Jamo a refusé net : “s’il veut s’entraîner avec moi, il faut qu’il vienne ici, dans ma salle. Il est le bienvenu.”
Sa règle est simple : tout le monde est traité exactement de la même façon, célébrité ou pas. Pourquoi ? Parce que cette exigence égale pour tous, c’est ce qui fait gagner le respect. Et le respect, c’est ce qui construit la confiance. Jamo le formule d’une phrase que je trouve précieuse pour n’importe quel entrepreneur qui a des clients ou une équipe : “la première chose que vous devriez vraiment gagner de vos clients, ce n’est pas l’argent, c’est la confiance. Cette confiance vaut des millions de dollars. Si vous la perdez, vous perdez votre client.”
Le piège qu’il décrit ensuite est très parlant pour tout coach, freelance ou dirigeant : devenir ami avec un client, ne plus vouloir le pousser par peur de le blesser, relâcher l’exigence, puis constater les mauvais résultats et culpabiliser en silence. La bienveillance sans exigence n’est pas un service rendu, c’est une trahison douce.
Écoute plus que tu ne parles
Jamo raconte qu’il a longtemps trop parlé, notamment en entretien d’embauche, sans laisser l’autre s’exprimer. Il a appris, il y a une dizaine d’années, à inverser la tendance et à écouter davantage. Sa phrase, simple et mémorable : dès qu’il entend quelqu’un dire “moi, moi, moi, moi”, c’est un feu rouge.
C’est un signal d’alarme facile à retenir, que ce soit face à un client potentiel, un futur associé ou une recrue. Une personne qui ne parle que d’elle-même dans un échange professionnel révèle souvent un ego qui prendra le pas sur la collaboration. À l’inverse, apprendre à se taire et à observer, c’est ce qui permet de repérer les vrais signaux, les vraies motivations, les vrais problèmes à résoudre chez l’autre.
Délègue vite, et protège ta vision comme un trésor
Jamo est catégorique sur la délégation : il délègue facilement, sans ego de contrôle. Il donne un exemple concret, une vidéo confiée à une collaboratrice, réalisée en trente minutes alors qu’il pensait devoir y passer bien plus de temps lui-même. Son raisonnement : “ça me fait gagner du temps. J’ai pas beaucoup de temps. J’ai une famille, j’ai mes entraînements, j’ai une vision. Si quelqu’un débarque, ma vision va être floue. Ça va vraiment m’affecter.”
Cette phrase résume tout un art de la délégation entrepreneuriale : déléguer l’exécution, jamais la vision. Il choisit ses collaborateurs sur leur capacité à exécuter sans ramener leurs problèmes personnels ou leur ego dans le travail. Ce n’est pas une question d’homme ou de femme, précise-t-il, mais de profil et de fiabilité.
Pour un entrepreneur qui a du mal à lâcher prise, le déclic est là : tu ne perds pas le contrôle en délégant les tâches, tu le perds en gardant tout pour toi jusqu’à l’épuisement. D’ailleurs, Jamo raconte lui-même avoir vécu un vrai burnout après une période de deadlines intenses, deux mois à trois heures de sommeil par nuit. Même les plus disciplinés ont besoin de limites.
La passion comme moteur, l’argent comme conséquence
Jamo insiste sur un point qu’il juge non négociable : “j’aime ce que je fais, sinon je ne le ferais jamais. Il y a beaucoup trop de personnes qui font ça pour l’argent, mais si tu n’es pas passionné, jamais de la vie tu ne tiendras.”
Il raconte des nuits blanches à filmer des centaines de vidéos pour ses programmes, enchaînant les tournages de 21h à 4h du matin plusieurs jours d’affilée. Un rythme que personne ne tient sur la durée sans un moteur plus profond que la perspective d’un gain financier. C’est cette passion, couplée à la curiosité constante (il apprend encore aujourd’hui le marketing, les automatisations, l’intelligence artificielle, à 60 ans) qui explique sa longévité dans un milieu où la plupart des professionnels disparaissent après leur carrière sportive.
Le fil rouge
Tous ces déclics se rejoignent en un seul principe. La discipline ne vient pas d’une motivation ponctuelle, elle vient d’un cadre : la façon dont tu réagis à l’échec, la régularité de tes efforts, ton rapport à l’argent, ton exigence envers les autres et toi-même, ta capacité à écouter avant de parler, à déléguer sans perdre ta vision, et surtout, ton attachement réel à ce que tu fais.
Jamo n’a jamais eu de raccourci. Il a eu trois ans d’entraînement acharné après une humiliation, des années de galère financière après avoir tout perdu, un burnout après avoir trop donné. Ce qui l’a fait tenir, ce n’est pas un talent hors norme, c’est cette mentalité forgée coup après coup.
Je parle de ce sujet plus en détail en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy




