Sur internet, tu as vu mille vidéos « 10 raisons de s’expatrier ».
Le soleil, la fiscalité, la sécurité, le coût de la vie. Toujours les mêmes arguments logiques, toujours vus de l’extérieur. Tu regardes ces expatriés de loin, tu as l’impression qu’ils avancent dans leur vie, que c’est le bonheur, et tu te dis : « C’est peut-être fait pour moi aussi. »
Moi, je veux te montrer autre chose. Ce qu’il y a réellement dans la tête d’un expatrié. Les vérités profondes, moins glamour, celles dont personne ne parle. Pas pour te décourager. Au contraire, pour que si tu franchis le pas, ce soit un projet que tu ne regretteras jamais.
Parce que je vais te le dire tout de suite : l’expatriation est l’une des meilleures décisions de ma vie, et je ne peux que te la recommander. Mais elle a un envers du décor. Et il vaut mieux le connaître avant, pas après.
Les vérités qu’on découvre une fois qu’il est trop tard
Vérité n°1 : le rêve de l’expatriation ne dure que 3 ans.
Un peu comme on dit que l’amour dure 3 ans.
La première année est la plus belle. Tout est nouveau. Tu te fais des amis, tu testes les restaurants, les plages, les hôtels. Même les galères sont excitantes : ouvrir un compte en banque, comprendre les codes du pays, louer une voiture. C’est le début d’une histoire d’amour.
La deuxième année, tu as fait le tour. Tu t’installes, tu reprends une routine. Dans mon cas, j’ai beaucoup travaillé, la nouveauté a laissé place au quotidien.
Et à la fin de la troisième année, tout ce que tu as découvert est devenu la norme. Plus rien n’est nouveau. L’envie de découvrir, de repartir ailleurs, revient te chatouiller.
Attention, ce n’est pas forcément négatif. Aujourd’hui, je suis très content que Maurice soit devenu ma norme. C’est mon village, mes amis, mon quotidien, et je me sens profondément aligné avec l’endroit où j’habite. Mais il faut savoir que cette excitation des débuts, elle retombe. Toujours.
Vérité n°2 : on ne mesure la valeur de la famille qu’une fois loin d’elle.
C’est le point qui touche presque tous les expatriés que je connais. Il y a toujours un petit déchirement lié à la famille.
Ce que tu perds, ce n’est pas abstrait. C’est Noël en famille chaque année. C’est les 10 minutes de route pour voir tes parents. Ce sont les repas du dimanche.
Je vais te parler de moi. Mon frère, avec qui j’ai 20 mois d’écart, a eu un bébé pendant que j’étais à Maurice. Je n’ai pas pu assister à la naissance de mon neveu. Ni à son premier anniversaire. Maurice est à 10 000 km, et pour un événement imprévisible comme une naissance, qui peut arriver entre huit mois et demi et neuf mois, c’est presque impossible à anticiper. Ce sont des moments de vie qui ne se rattrapent jamais.
Un de mes amis, expatrié ici depuis quatre ans, va d’ailleurs rentrer au Bénin. L’éloignement familial est devenu trop lourd. Et pourtant, il ne regrette rien, il referait ces années pour rien au monde. C’est ça, le paradoxe.
Vérité n°3 : le plus dur, ce n’est pas de partir. C’est de ne plus pouvoir revenir.
Ça, c’est le vrai blocage intérieur, celui dont personne ne parle.
On connaît les raisons qui poussent à partir : l’insécurité, le sentiment de ne pas pouvoir s’épanouir, les impôts, le manque d’avenir. Partir est une étape très difficile. Mais revenir en arrière l’est tout autant, voire plus.
Pour deux raisons. D’abord, il faut accepter de faire une croix sur toute la vie que tu as construite sur place : tes amis, ta stabilité, ton cadre. Ensuite, et c’est plus sournois, tu as désormais un point de comparaison que la plupart des gens n’auront jamais. La différence entre voyager quelque part et y vivre, c’est le jour et la nuit.
Je te le dis franchement : c’est très dur de comparer mon quotidien en France et à Maurice. Ça crée de la frustration. Je ne vois pas comment je pourrais rentrer, tellement je me sens bien ici. Et en même temps, au fond, j’aimerais parfois rentrer, pour être auprès de ma famille, pour retrouver mon pays. C’est un choix, mais c’est surtout un dilemme.
Vérité n°4 : presque tous les expatriés rêvent secrètement de rentrer un jour.
Pas de fuir. De rentrer.
La grande majorité des expatriés ont une envie cachée : que leur pays d’origine soit enfin comme ils auraient aimé qu’il soit. Plus sûr, plus propice à s’épanouir, à entreprendre, à élever ses enfants. Leur pays d’enfance, de culture, de famille.
Fais le test avec n’importe quel expatrié. Demande-lui : « Si ton pays avait été comme tu voulais qu’il soit, serais-tu parti ? » La réponse est non. C’est pour ça que j’ai écrit cette phrase, à laquelle je crois profondément :
« Un expatrié n’est pas quelqu’un qui fuit son pays. C’est quelqu’un qui aime profondément son pays et qui, à contre-cœur, décide de le quitter parce qu’il n’est pas prêt à attendre qu’il change. »
Vérité n°5 : l’expatriation te change en profondeur (et c’est le plus beau).
C’est un peu comme avoir un enfant. Tu découvres un nouveau monde, mais surtout, tu te découvres toi-même.
De nouvelles rencontres, de nouvelles passions, un apprentissage profond de qui tu es. J’ai vu des couples se briser en expatriation, en réalisant que leurs objectifs divergeaient. Mais j’ai aussi vu des gens révéler des passions qu’ils n’auraient jamais connues autrement. Moi, je me suis mis au padel en arrivant, et c’est devenu une vraie passion qui n’aurait jamais pu exister ailleurs. Ma compagne, Monica, a eu un élan entrepreneurial en voyant d’autres femmes se lancer ici.
C’est pour ça que, malgré tout l’envers du décor, je ne peux que recommander de s’expatrier.
Mais fais-le en connaissance de cause, pas les yeux fermés.
Alors dis-moi. Si tu es déjà expatrié, est-ce que tu te reconnais dans ces vérités, surtout celle du rêve qui ne dure que 3 ans ? Et si tu hésites encore à sauter le pas, qu’est-ce qui te retient vraiment au fond : la famille, la peur de ne plus pouvoir revenir, autre chose ? Je veux ton ressenti en commentaire, c’est un sujet qui me tient à cœur.
J’ai développé ces cinq vérités, avec mon vécu, dans une vidéo, et j’en parle régulièrement dans mon podcast avec Nassim où l’on rencontre des entrepreneurs installés ici. Si tu veux tout entendre avant de te décider, c’est ici :
- Rémy



