Je suis dans mon bureau à Grand Baie, face à une vitre. Les gens passent devant et se demandent ce que je fais quand j’enregistre mes vidéos. Mon voisin est venu me voir l’autre jour : “C’est quoi ces trucs ? De quoi tu parles ? C’est quoi le nom de ta chaîne ?” Ça m’a fait sourire. Parce que c’est ça, Maurice. C’est un endroit où les gens s’intéressent à ce que font les autres. Où les relations se créent naturellement. Où on peut parler à son voisin sans avoir l’impression de déranger.
Et c’est exactement le contraire de ce que la plupart des gens imaginent quand ils pensent à Maurice. Ils imaginent une île touristique, des plages, des hôtels, et un endroit où on “fait vite le tour.” Je reçois cette remarque constamment de gens qui ne sont jamais venus ou qui sont restés une semaine en vacances.
La réalité est à l’opposé. Maurice est l’île des connaisseurs. Un endroit qui s’ouvre à vous petit à petit. Où les meilleures choses ne sont pas visibles en surface. Et où il faut des mois, parfois des années, pour découvrir toute la richesse qui se cache sous la surface.
Maurice fonctionne à l’envers de Dubaï, et c’est pour ça que c’est mieux
À Dubaï, tout est visible. Les tours sont énormes avec des logos géants. Il y a des applications pour tout : les restaurants, les services, les locations. Vous arrivez, vous téléchargez une app, et en 24 heures, vous savez où aller, quoi faire, qui appeler. C’est simple, accessible, visible.
Maurice, c’est l’exact inverse. Quand vous arrivez et que vous ne connaissez personne, vous avez l’impression qu’il n’y a rien. “Où sont les restaurants ?” “Où sont les services ?” “Où sont les choses à faire ?” Et c’est la réaction de quasiment tous les nouveaux arrivants.
La vérité, c’est que tout est là. Mais rien n’est référencé comme vous en avez l’habitude. Il n’y a pas “l’app” qui recense tout. Les meilleurs restaurants, vous les trouvez par le bouche-à-oreille. Les meilleurs services, c’est un WhatsApp qu’un ami vous donne. Les meilleurs hôtels, certains des plus beaux que j’aie jamais vus, vous pouvez passer devant sans les voir si personne ne vous en parle.
Il y a des soirées privées dans des hôtels 5 étoiles avec des chefs étoilés venus du monde entier. Des festivals gastronomiques comme la Pollée au Constance Prince Maurice, où des vignobles d’Argentine, d’Afrique du Sud, de France et d’Italie viennent présenter leurs cépages pendant une semaine. Des événements auxquels vous n’accédez que si quelqu’un vous envoie l’info sur WhatsApp.
Et c’est ça le charme de Maurice. L’île s’ouvre à vous progressivement. Chaque mois, vous découvrez un nouveau restaurant, un nouveau service, un nouvel hôtel, une nouvelle activité. Et au bout de quelques années, vous avez empilé tellement de découvertes que vous pourriez changer de restaurant tous les jours pendant un mois rien que dans le nord, sans jamais vous répéter.
Ce qui fait que les gens restent à Maurice : les relations, pas la fiscalité
Il y a un truc que je vois dans très peu de pays d’expatriation : à Maurice, les gens restent. Tous mes amis sont là depuis des années. Personne ne sait quand il va partir. C’est très différent de Bali, de la Thaïlande ou même de Dubaï où beaucoup de gens sont de passage, restent quelques mois et bougent.
À Maurice, on vient pour s’installer. On prend une maison. On crée des amitiés. On s’intègre dans une communauté. Et on construit ce que j’appelle des points d’ancrage : les amis, les commerçants qu’on connaît par leur prénom, les endroits où on est “chez soi”, les habitudes de vie.
Ici, on va acheter la viande chez le boucher, le fromage chez le fromager. On connaît le restaurateur, on discute 10 minutes avec lui. C’est un truc qu’on a perdu en Europe avec les hypermarchés et Amazon. À Maurice, cette culture du petit commerce, du bouche-à-oreille, du lien humain avec les commerçants, elle est vivante. Et quand vous goûtez à ça, c’est très dur de revenir en arrière.
Et les Mauriciens adorent recevoir. C’est dans la culture. On invite chez soi, on fait des barbecues, on organise des repas. Ce n’est pas comme à Dubaï où tout se passe dans des beach clubs et des tours. À Maurice, les gens sont dans des villas avec des jardins, et on reçoit. On crée des vraies relations. Des amitiés profondes, pas des contacts LinkedIn.
Les 5 choses que vous ne verrez jamais en tant que touriste et qui changent tout quand vous vivez à Maurice
La santé : médecin à domicile en 40 minutes un dimanche soir
Je me suis blessé au paddle un dimanche à 20h. J’ai appelé Médecin à Domicile. 40 minutes plus tard, un médecin était chez moi. Dimanche. 20h. Et quand j’ai eu ma sciatique, même chose. Cloué au lit, impossible de me déplacer, médecin chez moi en moins d’une heure. Avec une assurance privée à 150 euros par mois qui couvre médecin, dentiste, médicaments, rapatriement. Là où en France, on paye 20 % de nos revenus en cotisations sociales pour avoir une pénurie de médecins et un Doliprane en guise de traitement.
La communauté d’entrepreneurs : vos amis sont dispos pour un restaurant à midi tous les jours
Tous mes amis sont entrepreneurs. Tous sont libres. Message à 11h : “Tu es dispo à midi ?” Réponse : “Oui.” C’est comme ça tous les jours. Quand j’étais en France dans ma ville de 40 000 habitants, personne n’était disponible. Tout le monde bossait de 8h à 19h. Ici, la communauté existe, elle est active, et elle pousse vers le haut.
Les Mauriciens : une compatibilité culturelle que vous ne trouverez ni à Bali ni à Dubaï
Beaucoup de Mauriciens ont étudié en France. Ils connaissent la culture française, suivent l’actualité, comprennent d’où vous venez. Mon médecin est réunionnaise diplômée en France. Mon ostéo a fait ses études à Bordeaux. On peut avoir de vraies discussions, créer de vraies amitiés, sans ce choc culturel qu’on ressent en Asie ou au Moyen-Orient.
Le climat : l’été toute l’année, le décalage horaire de seulement 2 heures
En “hiver” mauricien, il fait 25 degrés. Le décalage avec la France est de 2 heures seulement. Quand il est 8h en France, il est 10h ici, j’ai déjà bien avancé ma journée. Et la Réunion, département français, est à 45 minutes d’avion.
Le secret bien gardé : on ne veut pas que ce soit trop connu
Il y a un consensus silencieux entre les expatriés et les Mauriciens : on adore ceux qui viennent et qui respectent l’île. Mais on ne veut pas que ce soit surpeuplé. On ne veut pas que Maurice devienne le nouveau Dubaï. Et c’est cette discrétion, cette volonté de rester un peu secret, qui fait que l’île conserve son charme. Si vous cherchez de la visibilité et du bling-bling, allez à Dubaï. Si vous cherchez une vraie vie dans un endroit paisible, venez à Maurice. Mais ne le dites pas à tout le monde.
Je parle plus en détail de ce sujet en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy




