Il y a quelques semaines, j’ai enregistré un épisode d’Esprit Maverique avec Nassim, coach minceur qui aide des femmes à perdre du poids depuis plusieurs années. Son business tourne. Il fait des lives TikTok tous les jours, il a des clientes fidèles, des résultats concrets, une vraie communauté. Et pourtant, en creusant ensemble sa mécanique, on a trouvé en une heure de conversation plus de leviers de croissance que ce qu’il avait identifié en trois ans d’activité.
Ce qui m’a frappé, ce n’est pas son manque de talent. C’est qu’il a construit un système qui marche très bien, sans jamais le mesurer, sans jamais le sécuriser, et sans jamais envisager de le faire grandir au-delà d’une seule plateforme. Résultat : un business rentable, mais fragile. Un business qui peut faire x10, mais aussi disparaître en une notification de suspension de compte.
Je te partage ici la mécanique complète qu’on a décortiquée ensemble. Si tu es coach, créateur ou entrepreneur en ligne, tu vas probablement te reconnaître dans plusieurs points, et surtout, tu vas repartir avec des actions concrètes.
Le trafic : un show quotidien, pas une publication de plus
Nassim ne fait pas de posts optimisés, pas de calendrier éditorial sophistiqué. Il ouvre TikTok, il appuie sur “live”, et il parle. Une à deux fois par jour. Résultat : entre 100 et 400 personnes qui viennent l’écouter, chaque jour, depuis presque quatre ans.
Ce qui fait la différence, ce n’est pas l’outil. Le live TikTok, n’importe qui peut le lancer. Ce qui fait la différence, c’est ce qu’il en fait. Sur TikTok, les gens swipent en une seconde s’ils s’ennuient. Il n’y a pas de rendez-vous fixé à l’avance comme pour un webinaire classique, pas d’engagement préalable. Les spectateurs arrivent en plein milieu, parfois vingt minutes après le début, et n’ont aucune obligation de rester. Le taux de rétention est le nerf de la guerre.
C’est pour ça que Nassim insiste sur un mot : le show. Il faut du rythme, de la personnalité, du divertissement. Il faut que ce soit vivant, sinon les gens se cassent immédiatement.
Ce que tu peux en tirer concrètement si tu veux construire un canal d’acquisition organique similaire :
Choisis une plateforme où ton audience est déjà présente, et montre-toi en direct, régulièrement, pas juste en post statique.
Traite chaque live comme un vrai spectacle : une trame, un rythme, une histoire, pas une leçon magistrale.
Ne mise pas tout sur une audience qui “tombe” sur toi par hasard grâce à l’algorithme. Prévois de la booster une fois que ta formule fonctionne (on y revient plus bas).
Oser être clivant : la vérité qui filtre et qui attire
C’est le point qui m’a le plus marqué dans l’échange. Nassim ne fait pas dans la dentelle. Dans ses lives, il dit aux gens ce qu’ils ne veulent pas entendre. Il a littéralement demandé à un spectateur combien il pesait avant de lui expliquer sans détour pourquoi son discours ne tenait pas debout. Résultat : ce spectateur est devenu client.
Quand il a interrogé un panel de ses propres clientes sur la raison de leur achat, la réponse revenait presque toujours la même : “ta sincérité, ton côté clivant, tu m’as mis un coup de pied au cul.” Et il a fait une observation encore plus intéressante : les gens qui critiquent ce ton direct, qui trouvent que “ça ne se fait pas”, ne deviennent jamais clients. Jamais. Le clivant ne repousse pas les bonnes personnes, il les filtre des mauvaises.
C’est une vérité universelle en business en ligne, pas seulement dans le coaching minceur. Si ton discours plaît à tout le monde, il ne convainc personne. La moitié des gens qui t’entendent doivent pouvoir te trouver antipathique, voire limite. C’est l’autre moitié, celle qui adhère à 100%, qui devient ta clientèle.
Attention, être clivant ne veut pas dire être clivant pour le plaisir de l’être. Nassim est clair là-dessus : il ne joue pas un personnage. Son côté direct sert un seul but, faire comprendre à quelqu’un en surpoids sévère et en danger de santé une réalité qu’il refuse de voir. Le clivant doit être au service d’une conviction, pas d’un buzz gratuit.
Concrètement, pour appliquer ça à ton business :
Identifie un point de friction dans ton domaine où la plupart des gens n’osent pas dire la vérité.
Prends position dessus, publiquement et régulièrement, même si ça déplaît à une partie de ton audience.
Ne cherche pas l’unanimité. Cherche l’adhésion forte d’une partie de ton public, quitte à perdre l’autre.
La conversion : DM, qualification, puis rendez-vous téléphonique
Une fois que les gens sont dans le live, comment Nassim transforme cette attention en clients ? La mécanique est simple sur le papier : il invite les spectateurs à lui envoyer un message privé, il leur pose deux ou trois questions pour comprendre leur situation et filtrer les bons profils, puis il les envoie vers un calendrier pour réserver un appel téléphonique.
Trafic (live) → message privé (setting/qualification) → appel téléphonique → client.
Ce tunnel fonctionne, mais avec un angle mort énorme qu’on a mis en évidence pendant l’échange : Nassim n’avait aucune statistique précise. Pas de suivi du nombre de personnes en live par jour, pas de taux de conversion entre “personnes en live” et “messages envoyés”, pas de taux de transformation entre “messages” et “appels réservés”. Il savait que “ça marche”, mais pas pourquoi ni dans quelle proportion.
Or c’est justement là que se cache la majorité des gains rapides. On a identifié ensemble plusieurs leviers testables immédiatement :
Tester différents appels à l’action d’un live à l’autre : “réservez un appel pour qu’on vous présente le programme” contre “réservez un appel diagnostic de votre situation” contre “réservez un diagnostic de votre masse grasse”. Le copywriting change tout, et sans mesure, impossible de savoir lequel convertit le mieux.
Réduire la friction du parcours. Sur TikTok, impossible de mettre un lien cliquable dans le chat du live, il faut passer par la bio ou par un message privé avec lien. Chaque étape supplémentaire fait perdre du monde en route.
Construire une trame répétable de A à Z pour chaque live : une histoire, une explication du problème central, un exemple concret, puis la gestion des objections classiques. Nassim le fait déjà instinctivement mais sans la structurer, ce qui rend la performance de chaque live imprévisible.
Suivre, jour après jour, le nombre de personnes en live, le nombre de messages générés, le nombre d’appels réservés. Sans ce tableau de bord basique, impossible de savoir où se situe le vrai problème : le trafic, l’accroche, ou l’offre.
La règle est simple et vaut pour absolument tout business en ligne : tu ne peux améliorer que ce que tu mesures. Sans statistiques, tu pilotes à l’aveugle, et chaque bonne journée ressemble à un coup de chance plutôt qu’à un système reproductible.
La limite qui empêche de scaler : tout reposer sur une seule plateforme
Voici le point le plus important de toute la conversation, et probablement celui que le plus de créateurs ignorent volontairement parce qu’ils ne veulent pas y penser.
Nassim s’est déjà fait pirater son compte TikTok. Il a aussi déjà reçu des avertissements pour certains propos tenus en live, ce même ton clivant qui fait sa force commerciale. Le jour où son compte a sauté, il a perdu 80% de son chiffre d’affaires. Instantanément. Il a fini par récupérer son compte, mais rien ne garantissait que ça arriverait, et il faut un minimum de 10 000 abonnés pour avoir accès à la fonctionnalité live sur TikTok, ce qui rend un redémarrage à zéro particulièrement long et coûteux.
C’est la définition même d’un business fragile : un actif professionnel entier, des années de travail et de relation avec une audience, suspendus à la décision unilatérale d’une plateforme qui n’a aucune obligation envers toi. TikTok a d’ailleurs, selon les témoignages de nombreux créateurs, une tendance à suspendre des comptes rapidement, en particulier ceux qui tiennent des propos qui sortent du cadre “corporate” attendu, ce qui entre frontalement en tension avec la stratégie clivante qui fait justement le succès du business.
Si ton chiffre d’affaires dépend à 80% ou plus d’un seul canal que tu ne contrôles pas, tu n’as pas un business. Tu as un business en sursis.
Ce que ça implique concrètement pour toi :
Fais l’inventaire honnête de la part de ton chiffre d’affaires qui dépend d’une seule plateforme.
Duplique ta présence en direct sur plusieurs canaux en parallèle, avec un investissement minime. Nassim et moi avons évoqué la solution la plus simple : un deuxième téléphone (ou un deuxième onglet si tu es sur ordinateur) pour diffuser en simultané sur Instagram, par exemple, en plus de TikTok. Le reach sera peut-être un peu différent, mais c’est une audience que tu n’aurais jamais touchée sinon, et surtout une portion de business qui devient indépendante d’une seule appli.
Ne t’appuie jamais uniquement sur l’organique et l’algorithme pour ton acquisition. C’est le sujet du dernier point.
La solution pour scaler vraiment : la publicité payante, mais dans le bon ordre
Ici, beaucoup de créateurs se plantent, et Nassim n’échappait pas à la tentation. Sa première idée pour progresser était de “booster” ses lives, littéralement mettre de la publicité derrière pour attirer plus de monde.
Erreur classique. Mettre de la pub sur un tunnel qui n’a jamais été mesuré ni optimisé revient à jeter de l’essence sur un moteur qu’on n’a jamais vérifié. Ça va générer plus de trafic, plus de “tourisme” comme on l’a formulé pendant l’épisode, mais pas forcément plus de ventes. Pire, ça peut noyer un problème de conversion sous un volume de visiteurs qui ne changera rien au résultat final.
La bonne séquence, qu’on a établie ensemble, est celle-ci :
Isoler la meilleure version du tunnel actuel en testant, sur une quinzaine de jours, différentes variables : l’appel à l’action, le jour, l’heure, la structure du live.
Retester cette meilleure version au moins deux fois pour vérifier que les résultats se maintiennent, et pas seulement dus au hasard d’un bon jour.
Une fois que le ratio est stable et connu, par exemple “100 personnes en live génèrent 20 conversations qui génèrent 10 appels”, alors seulement injecter de la publicité pour amplifier ce système qui fonctionne déjà.
Rentabiliser cette publicité en s’appuyant sur des statistiques fiables : combien rapporte un participant en moyenne, quel est le coût d’acquisition acceptable, quel est le retour sur investissement réel.
Sans cette base, la publicité n’est pas un accélérateur, c’est un amplificateur de problèmes non résolus. Avec cette base, elle devient le seul vrai levier pour sortir de la dépendance à une audience organique plafonnée par l’algorithme d’une seule plateforme.
Ce qu’il faut retenir
Le x10 de Nassim n’est pas une question de chance ni de nouvelle astuce marketing miracle. C’est la combinaison de cinq choses très concrètes : un trafic organique généré par un vrai show quotidien, un positionnement clivant qui filtre les bons clients, un tunnel de conversion mesuré étape par étape, la conscience du danger de dépendre d’une seule plateforme, et enfin la publicité utilisée au bon moment, sur un système déjà rentable.
Si tu es dans le business en ligne, pose-toi les questions qu’on a posées à Nassim : connais-tu tes vrais chiffres, jour par jour ? Oses-tu vraiment dire ce que tu penses à ton audience, quitte à déplaire à une partie d’entre eux ? Et surtout, que se passe-t-il pour toi si demain, ton compte principal disparaît ?
Je parle de ce sujet plus en détail en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy



