Il y a quelques jours, un dîner entre amis, ici à Maurice. Certains venaient de Dubaï. Et le sujet est revenu tout seul dans la conversation, comme une évidence.
Dubaï était dans une hype. Et cette hype est en train de descendre.
Je vais te dire les choses franchement, parce que c’est un sujet qui traverse tout notre cercle, et qui va probablement te toucher si, comme des milliers de gens, tu as grandi avec cette image en tête : Dubaï égale réussite ultime.
Pose-toi la question honnêtement. Si tu avais beaucoup d’argent et aucun problème, est-ce que tu choisirais vraiment d’aller vivre à Dubaï ? Moi, je réponds non sans hésiter. Entre Miami et Dubaï, franchement, qui choisirait Dubaï ? À bien y regarder, ça n’a plus tellement d’intérêt.
Et si je te dis ça, ce n’est pas pour cracher sur ceux qui y sont allés. J’ai moi-même rêvé d’ailleurs, j’ai choisi Maurice. C’est pour t’aider à voir quelque chose de plus grand : ce n’est pas juste une ville qui perd de son éclat. C’est un récit collectif qui s’effondre.
Derrière l’image de luxe, la réalité que les vlogs ne montrent pas
Dubaï s’est construit une image imbattable. Le luxe absolu, la réussite, les tours, les voitures. Mais cette image, c’est une mise en scène. Et derrière, la réalité est beaucoup moins glamour.
Un ami, appelons-le Sébastien, a fini par l’avouer : il voulait partir « pour le business », mais l’école privée de ses deux enfants lui coûte 100 000 dollars par an. Ajoute à ça des loyers qui explosent, la pollution, une ville tellement étendue et bouchée que traverser d’un point à un autre peut te prendre une heure et demie, un climat géopolitique instable, et le fait que tu es au milieu d’un désert, incapable de sortir facilement de la ville.
Compare avec la Floride, où de plus en plus d’expatriés atterrissent. Une maison pour une famille de trois enfants autour de 2000 dollars par mois, une école publique gratuite et de bon niveau, une fiscalité intéressante, un climat agréable toute l’année, des paysages variés. Le paradoxe est vertigineux : Dubaï s’est vendu comme le sommet du luxe, alors qu’il existe des endroits « 1000 fois mieux », simplement moins montrés. Parce que les vlogs Dubaï filment toujours les mêmes trois décors : Burj Khalifa, la marina, une voiture de sport.
Et il y a un point plus sombre. Là où il y a énormément d’argent facile, il y a énormément d’arnaqueurs. Dubaï est devenu un aimant à scammeurs. Je pense à quelqu’un comme Yomi, un mec légitime dans le business depuis 10 ans, dont le succès a pourtant attiré toute une faune de « mecs Telegram », des arnaqueurs du trading qui louent des voitures de luxe juste pour se donner une image. Tout le monde a fini mélangé à ça. Et dans un endroit pareil, tu ne sais jamais vraiment si tu peux faire confiance à la personne en face de toi.
La vraie nouvelle, c’est la fin du « hustle porn »
Mais le plus intéressant n’est pas Dubaï en soi. C’est ce que Dubaï symbolisait.
Une époque. Celle du « hustle porn ». Le récit qui te disait : mets ta vie de côté, bosse comme un chien, quitte ta famille, va t’enfermer dans une tour, dédie ta santé et ton énergie à ton ordinateur, et tu réussiras.
Et là, quelque chose bascule. Les vidéos qui vantaient ce mode de vie font de moins en moins de vues. Celles qui parlent de prendre soin de sa famille, de sa santé, explosent. Le vent a tourné.
Un YouTubeur, Robin, a publié une vidéo devenue virale où il dit tout haut ce que beaucoup pensent : « On a tous été hypés par la même merde. Tu dois bosser comme un ouf, quitte ta famille, va à Dubaï, mets-toi dans une tour, bosse 24 heures sur 24. »
Cette phrase, c’est le cœur de tout. Une génération entière, créateurs comme audience, est en train de réaliser qu’elle a été biberonnée à un récit qui ne tient pas. Et ce mea culpa collectif, il fait un carton, précisément parce qu’il est vrai.
Alors qu’est-ce qu’on fait de ça ? Voici comment je le vois, et je te préviens, c’est un point de vue qui va peut-être te faire réagir.
Pour moi, une expatriation, ça devrait se mériter. Je suis pour des barrières à l’entrée élevées. Quand je visais Maurice, le seuil d’investissement était de 50 000 dollars, et je me suis dit : « C’est mon objectif, je bosse, je l’atteins, et je mériterai mon expatriation. » À Dubaï, il n’y a quasiment aucune barrière, tu t’installes facilement. Je préfère un endroit avec moins de monde, mais des gens plus sérieux. Alors oui, je reconnais la limite de mon propre argument : ce n’est pas l’argent qui fait la qualité d’une personne. Mais l’effort, l’intention, le fait de vouloir vraiment être là plutôt que de suivre une hype, ça, ça se ressent.
Et une dernière vérité que personne ne dit : même les destinations qui « montent » voient énormément de gens repartir. Le turnover est réel. À Maurice, la durée moyenne de séjour tourne autour de trois ans. Le fantasme de l’expatriation heureuse et définitive, c’est souvent juste un fantasme.
Voilà où j’en suis. Dubaï n’est pas « nul ». Mais l’époque qu’il incarnait est en train de mourir, et c’est plutôt une bonne nouvelle.
Maintenant je veux ton avis, et cette fois j’aimerais vraiment du débat. Est-ce que Dubaï t’a fait rêver, toi aussi ? Est-ce que tu penses, comme moi, que le vent tourne pour de bon ? Ou est-ce que tu crois que ce n’est qu’un cycle et que ça repartira ? Dis-moi franchement en commentaire, je lirai tout.
On a décortiqué tout ça sans filtre dans un épisode de podcast, avec plein d’autres sujets d’actualité. Si tu veux entendre la discussion complète et te faire ton propre avis, c’est ici :
- Rémy



