Je vais te raconter une histoire qui m’a choqué. Celle d’un homme de 60 ans, ancien bodybuilder professionnel de tout premier plan, aujourd’hui coach et créateur de contenu avec des centaines de milliers d’abonnés. Il s’appelle Jamcore, tout le monde l’appelle Jamo. Je l’ai reçu dans mon podcast et à un moment, la conversation a basculé. On n’était plus en train de parler de musculation ou de business. On était en train de parler de la fois où il a tout perdu.
Pas “j’ai eu un mauvais mois”. Tout perdu. 500 000 à 600 000 dollars envolés dans une idée trop en avance sur son temps. 50 000 dollars de dettes sur sa carte de crédit. Et un jour, il s’est retrouvé à dormir dans la chambre d’un de ses propres clients, parce qu’il n’avait plus nulle part où aller.
Si tu es en train de traverser une période difficile dans ton business, si tu as l’impression d’avoir tout raté, cet article est pour toi. Parce que l’histoire de Jamo n’est pas juste inspirante. Elle donne une méthode.
De la maison au bord de mer à la chambre d’un client
Jamo a vécu une carrière de bodybuilder professionnel de haut niveau, en Angleterre puis aux États-Unis, avant de se reconvertir dans l’entraînement athlétique et le coaching. Il a construit un vrai business : deux boutiques de compléments, des clients fortunés, une méthode d’entraînement qui marchait. Il vivait bien, dans une belle maison au bord de la mer, en Californie.
Puis il a eu une idée. On est en 2006, YouTube vient tout juste de naître, personne n’a de smartphone. Jamo imagine une application qui permettrait aux gens de suivre des programmes d’entraînement sur iPod vidéo, avec un système d’abonnement mensuel. Un investisseur croit en lui et met 220 000 dollars sur la table. Une société est créée. Jamo devient CEO. Il se voit déjà à Cannes avec un milliard de dollars de valorisation.
Le problème, ce n’est pas l’idée. C’est le timing. Il n’y a pas encore de smartphones, la bande passante coûte une fortune (2 000 dollars par mois rien que pour le streaming, à une époque où ce n’était pas encore gratuit comme aujourd’hui), et surtout, personne n’est prêt à payer un abonnement pour ça. Au bout de six mois, impossible de vendre le concept. L’argent sort, rien ne rentre.
Résultat : 500 000 à 600 000 dollars perdus, en comptant l’argent de l’investisseur. Et parce qu’aux États-Unis, sans argent, tu ne restes pas dans ta maison bien longtemps, Jamo se retrouve à dormir dans la chambre d’un client. Le même homme qui, quelques mois plus tôt, formait des célébrités et des dirigeants d’entreprise, se retrouve avec 50 000 dollars de dettes de carte de crédit et plus de toit à lui.
La vraie leçon n’est pas dans la chute, elle est dans ce qu’il en a fait
Voici ce qui m’a marqué dans son témoignage. Il n’a pas sombré dans l’apitoiement. Il m’a dit une phrase toute simple, qui résume toute sa philosophie : quand tu fais du bien, tu finis toujours par trouver du bien.
Concrètement, ça a voulu dire quoi ? Jamo avait toujours aidé ses clients, sans calcul, sincèrement. Quand ils ont appris ce qui lui arrivait, ils l’ont su directement, sans qu’il ait besoin de mendier. Ils ne voulaient pas qu’il arrête de les entraîner. Ce réseau de confiance construit sur des années, sans arrière-pensée, est devenu la planche de salut au moment où tout s’effondrait.
C’est une leçon que je répète souvent à ma communauté : ce que tu sèmes aujourd’hui dans tes relations, tu ne sais jamais quand ça reviendra. Mais ça revient. Presque toujours.
Jamo a repris depuis zéro. Littéralement. Il a rappelé un par un tous ses anciens clients, trouvé un petit coin dans une salle de sport pour recommencer à entraîner. Pas de coup d’éclat, pas de plan miracle. Juste reconstruire, client par client, séance par séance.
Une blessure qui met fin à une carrière, et une dépression qu’il n’a pas niée
Ce n’était pas la première fois que Jamo perdait tout ce pour quoi il avait travaillé. Des années plus tôt, en pleine préparation pour rejoindre les États-Unis et vivre enfin de sa carrière de bodybuilder professionnel à plein régime, il se déchire le pectoral. Pour un culturiste de compétition, cette blessure est reconnue par les juges au premier coup d’œil et fait perdre des points de façon quasi irrattrapable. C’est, dans ses mots, la fin.
Il a comparé ça à un cheval de course qui gagne toutes ses courses et qui, un jour, se casse une jambe. Il ne courra plus jamais.
Et il a été honnête sur ce que ça a représenté pour lui : une dépression. Pas une petite déprime passagère qu’on balaie en une semaine de motivation. Une vraie période sombre, où il pensait à cette blessure chaque jour, chaque seconde. Il a mis deux ans à se reconstruire mentalement. Deux ans à se demander s’il allait être accepté malgré cette blessure, à regarder d’autres athlètes marqués par le même problème galérer sans jamais vraiment remonter.
Ce que je retiens de ce passage de notre échange, c’est son honnêteté. Il n’a pas maquillé cette période en anecdote sympa. Il a reconnu la difficulté, le temps que ça a pris, le fait que ce n’était pas linéaire. Et c’est justement pour ça que la suite a autant de valeur : il ne s’est pas relevé en claquant des doigts. Il s’est relevé en bougeant, chaque jour, pendant deux ans, même sans savoir exactement où ça allait le mener.
Durant cette période, il n’a jamais arrêté de s’entraîner, ni d’entraîner les autres. C’est cette action continue, même incertaine, qui l’a progressivement fait sortir du trou et l’a mené, quelques années plus tard, vers les États-Unis et une toute nouvelle carrière.
“On n’échoue jamais, on apprend”
Il y a une phrase que Jamo répète à toute sa communauté, et qui résume sa mentalité entière : on n’échoue jamais dans la vie. On apprend.
Il m’a raconté un épisode plus léger mais révélateur. Jeune bodybuilder plein d’ego, persuadé de gagner à chaque fois, il perd une compétition face à une salle rivale. L’humiliation est publique, ça manque même de dégénérer en bagarre entre les deux salles. Le lendemain, son entraîneur lui met un ultimatum : refais jamais ça ou dégage. Sa réponse ? Trois ans, sans exception, à ne faire que dormir, manger, s’entraîner, travailler. Il gagne 15 kilos de muscle en trois ans et revient battre tout le monde.
Sa conclusion, telle qu’il me l’a formulée : c’est quand tu traverses le pire que tu deviens la personne que tu es censé devenir.
Ce n’est pas de la pensée positive de façade. C’est un principe d’action : la défaite n’est une information que si tu t’arrêtes là. Si tu continues à bouger, elle devient un point de départ.
“Bouge.” Sa philosophie de vie en un mot
S’il fallait résumer toute sa mentalité en un mot, ce serait celui-là. Bouge.
Il me l’a dit texto : dans son business, il perd de l’argent parfois. Quelqu’un lui a volé de l’argent une fois. Sa réaction : “c’est OK, on apprend, on le met de côté”. Ce qu’il refuse absolument, c’est de rester à pleurer et à ressasser ce qui s’est passé. Pour lui, c’est ce que font la plupart des gens qui restent bloqués, et c’est précisément ce qui les empêche d’avancer.
C’est une différence de mentalité qu’il a observée entre la culture dans laquelle il a grandi et celle qu’il a adoptée aux États-Unis : là-bas, l’échec est vu comme une étape normale du chemin vers la réussite, pas comme une honte à cacher.
Ce n’est pas du déni. Jamo n’a jamais dit qu’il fallait ignorer la douleur ou faire comme si de rien n’était, sa dépression après sa blessure en est la preuve. Ce qu’il décrit, c’est le moment où, après avoir traversé et reconnu la difficulté, on choisit quand même de se remettre en mouvement plutôt que de rester figé indéfiniment dans le regret.
Ce que tu peux retenir si tu traverses, toi aussi, un coup dur
Si je devais résumer ce que cette histoire m’a appris, et ce que je veux que tu en retiennes :
Un échec n’a de sens que si tu t’arrêtes là. Une idée trop en avance, un projet qui coule, une blessure qui met fin à un chapitre entier de ta vie, ce n’est pas une sentence. C’est une information sur le timing, le marché, ou le corps. Rien de plus.
Le temps de la reconstruction n’est pas négociable. Jamo a mis deux ans à se relever mentalement de sa blessure. Il n’a pas triché avec ce délai, il l’a traversé, jour après jour. Si toi aussi ça prend du temps, ce n’est pas que tu es faible. C’est normal.
Le bien que tu fais autour de toi n’est jamais perdu. Le réseau qui l’a sauvé au moment le plus dur n’est pas apparu par hasard. C’est le fruit d’années à traiter les gens avec respect et sincérité, sans rien attendre en retour.
L’action bat la rumination à tous les coups. “Bouge” n’est pas un slogan motivant creux. C’est un choix concret que Jamo a fait, chaque jour, y compris dans ses pires moments : continuer à s’entraîner, continuer à entraîner les autres, continuer à avancer même sans savoir où ça mène.
Pour la petite histoire, l’idée d’application “trop en avance” de Jamo ressemble beaucoup, avec quelques années d’écart, à ce que sont devenus les modèles d’abonnement fitness qu’on connaît aujourd’hui. Parfois, on n’a pas tort. On est juste en avance.
Je parle de ce sujet plus en détail en vidéo, tu peux la retrouver ici :
Si toi ou quelqu’un que tu connais traverse en ce moment une vraie détresse, au-delà d’un coup dur professionnel, il est sain et normal d’en parler à un proche ou à un professionnel de santé. Ce n’est jamais un signe de faiblesse. C’est souvent le premier pas du rebond.
- Rémy




