Nassim m’a posé une question dans notre podcast Maverick qui m’a pris de court. “Qu’est-ce qui te fait peur aujourd’hui, Rémy ?” J’ai eu du mal à répondre sur le moment. Parce que c’est une question qu’on se pose rarement en tant qu’entrepreneur. On parle de stratégie, de chiffre d’affaires, d’acquisition client. Mais on parle jamais de ce qui nous fait vraiment peur au fond.
Alors j’ai pris le temps d’y réfléchir. Et ce qui est ressorti m’a profondément marqué. Parce que les trois peurs que j’ai identifiées ne sont pas des peurs de débutant. Ce sont des peurs qui viennent APRÈS le succès. Quand le business tourne, quand l’argent rentre, quand vous avez atteint ce que vous vouliez atteindre. Et que vous réalisez que le vrai danger n’est plus dehors. Il est en vous.
Fin 2025, début 2026, j’ai fait un burnout. Pendant plusieurs mois, je n’avais plus envie de rien. Plus de motivation, plus d’énergie, plus d’ambition. Et en parallèle, en l’espace de deux mois, je me suis blessé deux fois. Une déchirure au mollet au paddle et une sciatique au tennis. À 28 ans. Des blessures qui m’ont cloué au lit, qui m’ont forcé à annuler des coachings avec des clients, qui m’ont rappelé de la façon la plus brutale que mon corps ne suivait plus.
La peur de perdre votre ambition est la preuve que vous arrivez à la fin d’un cycle, pas à la fin de votre carrière
Ma première peur, et celle qui me hante le plus, c’est de perdre mon ambition. Depuis toujours, je suis incapable d’expliquer ce qui me pousse à aller plus loin. C’est un truc qui est là, qui me drive, mais que je pourrais perdre à tout moment. Comme un don dont je ne comprends pas l’origine.
Et le burnout m’a prouvé que c’était possible. Pendant des semaines, je n’avais plus aucune envie. Pour ceux qui ont vécu un burnout, vous savez ce que c’est. Vous êtes là, vous êtes déprimé, vous n’arrivez plus à avancer. Et vous vous demandez si ça reviendra un jour.
Mais voici ce que le burnout m’a appris : l’ambition n’est pas un trait de caractère fixe. C’est un carburant qui se renouvelle quand vous avez un projet cohérent dans lequel vous êtes passionné. Quand j’ai perdu mon ambition, ce n’était pas parce que “je n’étais plus ambitieux.” C’était parce que j’étais à la fin d’un cycle. Ça faisait des années que je faisais la même chose, encore et encore, et l’ambition que j’avais dans ce projet commençait à s’épuiser.
La solution n’était pas de forcer. C’était de trouver un nouveau projet qui me drive. Et c’est ce que j’ai fait. Le podcast, de nouveaux formats, de nouvelles idées. Et l’ambition est revenue. Pas la même qu’avant. Une nouvelle version, alimentée par un nouveau feu.
La peur de n’être bon que dans un domaine est le prix du focus, et c’est un prix que presque tous les entrepreneurs payent en silence
La deuxième peur est paradoxale. J’ai toujours prêché le focus. Une stratégie, un business, une spécialité. Et ça marche. Tous les entrepreneurs à succès que je connais ont été hyper focus pendant des années sur un seul projet.
Mais le revers de la médaille, c’est que quand ça fait 10 ans que vous faites la même chose, vous commencez à vous demander : est-ce que je suis capable de faire autre chose ? Est-ce que si demain je devais ouvrir une pizzeria, investir dans l’immobilier ou lancer un business dans un tout autre domaine, j’en serais capable ? Ou est-ce que je me suis tellement enfermé dans ma spécialité que je ne suis bon qu’à ça ?
C’est une peur que beaucoup d’entrepreneurs vivent en silence. Et la seule façon de la dépasser, c’est d’essayer. De sortir de sa zone de confort. De tester autre chose. Pas pour abandonner ce qui fonctionne. Pour se prouver à soi-même qu’on est capable de plus.
La santé est le plafond invisible de votre business, et votre corps vous enverra les signaux avant votre esprit
Ma troisième peur est celle qui m’a le plus secoué cette année. À 28 ans, mon corps a commencé à me dire “attention.” Deux blessures en deux mois alors que je faisais des activités normales. Un mollet déchiré au paddle, une sciatique au tennis. Des trucs qui ne m’étaient jamais arrivés.
Des années assis derrière un bureau, focalisé sur le business, à négliger ma souplesse, mon corps, ma santé. Et d’un coup, le corps rappelle que ça a un coût.
Et voici le vrai problème : quand vous ne pouvez pas vous lever de votre lit, votre business n’existe plus. Quand vous avez mal au dos au point de ne pas pouvoir faire un coaching, vos revenus s’arrêtent. Quand vous n’avez plus l’énergie physique de travailler, votre ambition, votre focus, votre stratégie, tout ça ne sert plus à rien.
La santé est le plafond invisible. Vous pouvez avoir le meilleur business du monde, les meilleurs clients, le meilleur positionnement. Si votre corps lâche, tout s’arrête. Et ce plafond baisse un peu plus chaque année que vous le négligez.
Les 3 changements que j’ai faits depuis ces prises de conscience
Changement 1 : traiter la perte d’ambition comme un signal de fin de cycle, pas comme un échec personnel
Quand l’énergie baisse, ce n’est pas vous qui êtes cassé. C’est le projet qui a besoin d’évoluer. Cherchez ce qui vous excite à nouveau. Un nouveau format, un nouveau défi, un projet parallèle avec un associé. L’ambition se renouvelle quand le projet se renouvelle.
Changement 2 : tester un projet dans un domaine complètement différent pour casser la peur de l’uni-compétence
Je suis en train de le faire. Pas pour abandonner ce que je fais. Pour me prouver que je peux faire autre chose. Et c’est la seule solution. On ne vainc pas cette peur par la réflexion. On la vainc par l’action.
Changement 3 : mettre la santé dans la routine du matin, pas “quand j’aurai le temps”
Les étirements sont devenus non négociables dans ma routine. Si je ne fais pas le minimum pour mon corps chaque matin, je sais maintenant ce qui m’attend : des blessures, des arrêts forcés, et un business qui s’arrête avec moi.
Je parle plus en détail de ces peurs en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy




