J'ai failli tout quitter pour Dubaï
Ce que cette expérience m'a appris sur le sens, l'équilibre et ce qui compte vraiment
Il y a 8 mois, j’ai pris une décision que je pensais être la bonne.
Après plusieurs années à l’Île Maurice, mon rêve réalisé, ma photo sur le mur devenue réalité, j’ai décidé de partir. De tout plier. De mettre notre vie dans quatre valises, de vendre les meubles, de laisser les amis, le réseau, le cadre que j’avais mis des années à construire.
Direction : Dubaï.
La raison officielle : scaler le business, trouver de nouveaux partenaires, se challenger dans une ville plus dynamique, plus ambitieuse, où les gens pensent grand.
La vraie raison, que j’ai mis des mois à comprendre : j’avais atteint mon objectif le plus important, vivre à Maurice, et je ne savais plus vers quoi tendre. Le vide qui s’installe quand on réalise son plus grand rêve.
On est restés à Dubaï. On a visité des quartiers, cherché des appartements, essayé de s’imaginer y vivre. Et puis, progressivement, quelque chose ne collait pas. Ce n’était pas les odeurs de la chambre d’hôtel ou les embouteillages. C’était plus profond.
Quelques mois plus tard, on était de retour à Maurice.
Avec, dans les bagages, les leçons les plus importantes de ma vie d’entrepreneur.
Pourquoi tu cherches la solution à l’extérieur de toi
Il y a un phénomène que beaucoup d’entrepreneurs connaissent mais dont peu parlent ouvertement.
On se fixe un grand objectif. On y consacre des années. On y sacrifie du temps, de l’énergie, parfois des relations. Et le jour où on l’atteint... on est étrangement vide. Comme l’entrepreneur qui vend son business et tombe en dépression parce qu’il n’a plus de raison de se lever le matin.
C’est ce qui m’est arrivé avec Maurice. J’avais atteint le rêve. Et puis, maintenant, j’en fais quoi ?
La réponse instinctive a été de chercher un nouveau grand objectif. Le scaling. Faire 10 fois plus de chiffre. Une équipe plus grande. Un autre marché. Et l’idée que peut-être, pour atteindre ce niveau-là, il fallait être dans un environnement différent. Dubaï, où les gens pensent grand, où tout le monde est en mode croissance.
Ce que je n’avais pas compris à l’époque : je cherchais à résoudre un problème intérieur avec une solution extérieure.
Changer de ville ne comble pas un vide de sens. Scaler un business sans savoir pourquoi ne donne pas de direction. Et s’entourer de gens ambitieux ne te donne pas l’ambition si elle n’est pas déjà là.
Les objectifs extérieurs, une nouvelle ville, un nouveau chiffre, un nouveau titre, ne peuvent pas remplacer un alignement intérieur.
Les 4 leçons que Dubaï m’a enseignées sur ma vie
Leçon 1 - Tu ne peux pas fuir ton manque de sens en changeant de géographie
C’est la leçon la plus dure et la plus importante. Si tu te sens perdu, si tu n’as plus de direction, si tu ne sais plus pourquoi tu fais ce que tu fais, partir en voyage, déménager, changer de contexte n’est pas la solution. C’est un report.
Le problème voyage avec toi. Dans le même avion. Dans la même chambre d’hôtel. Dans la même tête.
La vraie solution passe par une pause. Par une vraie réflexion sur ce que tu veux, ce qui t’anime, ce qui te donne envie de te lever le matin. Pas des réponses de développement personnel génériques. Tes vraies réponses à toi.
Leçon 2 - Ce que tu cherches est souvent là où tu es déjà
Quand j’ai quitté Maurice, je pensais que ce dont j’avais besoin pour être heureux était ailleurs. La grande ville, l’énergie, les connexions.
En arrivant à Dubaï, j’ai réalisé à quel point j’aimais ce que j’avais laissé derrière moi. Le bruit des oiseaux le matin. La couleur du ciel. Les soirées avec des amis qui te connaissent vraiment. Les petits commerçants qu’on connaît par leur prénom. La simplicité d’une vie à taille humaine.
Parfois, la chose qu’on cherche à l’extérieur était là depuis le début. On ne le voit pas parce qu’on est trop dedans.
Leçon 3 - L’équilibre n’est pas une faiblesse, c’est une force
Il y a une culture dans certains milieux entrepreneuriaux qui valorise l’excès de travail comme une vertu. Se coucher à 3h du matin, ne pas voir ses enfants, sacrifier tout pour le business. “Je suis en mode tunnel.”
J’ai failli croire que c’était ce dont j’avais besoin. Un tunnel. Une concentration totale sur la croissance.
Ce que Dubaï m’a appris, en me forçant à tout arrêter et à réfléchir, c’est que l’équilibre, les dîners avec des amis, le temps pour soi, le sport, les moments de déconnexion, ce n’est pas une concession faite à la vie personnelle. C’est un investissement dans la durabilité de tout le reste. Un entrepreneur épuisé prend de mauvaises décisions. Un entrepreneur équilibré construit quelque chose qui dure.
Leçon 4 - Les bonnes personnes valent plus que n’importe quelle ville
Si j’avais à résumer tout ce que cette expérience m’a appris en une seule phrase, ce serait celle-là.
Ce qui me manquait à Dubaï, ce n’était pas le cadre de Maurice. C’était les gens. Des amis qui te connaissent vraiment, qui te comprennent, qui sont là sans arrière-pensée. Des personnes avec qui tu peux être toi-même, partager tes doutes, célébrer tes victoires.
Ça ne se trouve pas dans une ville. Ça se construit dans le temps, avec les bonnes personnes.
J’ai fait une vidéo plus complète avec Monica, ma copine, sur YouTube dans laquelle on raconte toute cette histoire ensemble, avec nos deux points de vue, nos émotions, les moments difficiles et ce qu’on a appris.
Tu peux la voir ici :
- Rémy



