Il y a une chose que je fais mal. Très mal, même.
J’ai tout le temps trop de projets à la fois. Des idées, des business, des petits trucs à tester.
Et je sais que je ne suis pas le seul. Pour côtoyer beaucoup d’entrepreneurs, je peux te le dire : notre problème, ce n’est pas de manquer d’idées. C’est d’en avoir trop. Et de vouloir toutes les faire.
Si tu es vraiment entrepreneur, tu connais ça. Une idée arrive, et tu as envie d’aller un peu plus loin. De creuser. De savoir si ça pourrait te plaire, si ça pourrait marcher, s’il y a un besoin.
En soi, c’est bien. Mais il y a une limite.
Il y a deux ans, j’ai voulu la trouver. J’ai tout coupé. Ça a marché. Et c’est justement là que le problème a commencé.
Le jour où j’ai compris que je faisais beaucoup trop de choses
Il y a deux ans, je stagnais. Mon business tournait autour de 100 000, 120 000, 130 000, 140 000 euros par mois, quelque chose comme ça. Et il n’en sortait pas.
Je n’arrivais pas à croître. Et je ne comprenais pas pourquoi.
Parce qu’un business, c’est mathématique. Si tu mets plus d’efforts là où ça rapporte, tu gagnes plus. Dans une certaine mesure, bien sûr. Mais c’est souvent comme ça.
Alors un jour, je me suis dit : ce n’est pas possible. Je fais beaucoup trop de trucs. J’ai des projets à gauche, à droite.
Et la dispersion prend deux formes.
Plusieurs business en parallèle. Je connais des gens qui bossent sur des investissements ici, des associations là, et qui se retrouvent avec 7, 8 ou 10 entreprises. Pourquoi pas. Ce n’est pas mon truc.
Plein de projets à l’intérieur d’un seul business. Plein de solutions, plein de petits outils, plein de machins. Résultat : ta journée est éparpillée dans tous les sens.
Les deux sont très nocifs.
J’ai tout coupé, sauf le tronc
J’avais déjà essayé plein de choses pour croître. Alors j’ai tenté l’inverse : ne rien faire, sauf une seule chose.
J’ai arrêté les vidéos YouTube. J’ai arrêté les podcasts. J’ai arrêté toutes mes offres, sauf une. J’ai arrêté toutes mes sources de trafic, sauf une seule.
Imagine un arbre que tu as laissé pousser librement. Il y a des feuilles et des branches partout. Moi, je suis revenu, j’ai enlevé toutes les feuilles, et j’ai gardé juste le tronc.
Sur le plan business, ça a fonctionné. Plus de résultats, ça, c’est sûr.
Quand tu alloues toutes tes ressources vers ce qui marche, tu augmentes ta marge, tu réduis tes efforts et tu gagnes en efficacité de manière générale.
Si tu regardes le côté pragmatique du business, le côté presque comptable, avec un tableau en croix oui ou non, la réponse est claire : il faut le faire.
Ce que personne ne m’avait dit sur le focus total
Par contre, il y a une chose à laquelle je ne m’attendais pas.
En faisant ça, j’ai créé un business terriblement ennuyeux.
Quand tu mets tout ton focus au même endroit et que tu arrêtes tout le reste, tu t’ennuies. Franchement, tu t’ennuies.
Je m’en souviens très bien. Il y a un an (ça passe très vite), je m’ennuyais profondément dans mon business. Je ne faisais que des choses pensées pour l’efficacité, pour la performance, pour faire du chiffre. Ça rapportait. Mais je m’ennuyais.
Il y avait des gens qui travaillaient avec nous, donc j’étais porté par l’élan de l’équipe. Je faisais ce qu’il fallait faire. Mais à titre personnel, plus rien ne me passionnait. Plus rien ne me donnait envie de me lever le matin pour bosser. J’avais un peu perdu ma mission.
Et c’est là que le piège se referme.
Si tu ne prends plus de plaisir dans ton business, tu finis par t’en désintéresser. Et si tu te désintéresses de ton business, petit à petit, il décroît.
C’est paradoxal. Le focus total, censé te faire gagner plus, peut finir par te desservir.
Rien n’est noir, rien n’est blanc
Aujourd’hui, je suis dans une situation différente. J’ai de nouveau plein de projets.
Et je pense que je suis tombé dans l’autre extrême. Avant, j’étais trop d’un côté. Maintenant, je suis trop de l’autre.
Plus j’avance, plus je me rends compte que tout fonctionne comme ça. Rien n’est noir, rien n’est blanc, tout est gris. Rien n’est à gauche, rien n’est à droite, tout est au milieu.
Le sport, c’est très bien pour la santé. Trop de sport peut t’abîmer physiquement. Manger des légumes, c’est bien. Ne manger que des légumes, ce n’est pas bien.
Entreprendre, c’est pareil. Être focus, c’est bien. N’être que focus, sur un seul business, sans rien d’autre, ce n’est pas bien.
L’idée, c’est de trouver le juste équilibre. Dans tous les domaines.
Être « défocus » m’a permis de changer de business
Il y a un autre argument pour garder quelques projets à côté, et on en parle rarement.
J’ai changé plusieurs fois de business. Parce que mon business ne me plaisait plus, parce que j’avais envie de changer, parce que je voulais trouver un autre modèle. J’ai changé d’activité, de domaine.
Mais si j’ai pu le faire, c’est parce qu’à certains moments, je gérais plusieurs activités en même temps. J’étais défocus.
Si tu n’es que focus, tu restes tout le temps dans le même business. Si tu t’enfermes dans ce que tu fais, tu restes bloqué dans ce que tu fais.
Je ne vais pas te mentir : ces phases de transition sont très difficiles. Le nouveau projet n’est pas encore parti, et tu mets moins d’énergie sur l’ancien. Tu bosses deux fois plus et tu gagnes deux fois moins.
Mais ce sont des phases que tout entrepreneur traverse.
3 leçons pour trouver ton juste milieu
1. Élague régulièrement. Le focus, c’est un cycle. Aujourd’hui, je sais que je dois réélaguer quelques projets et me reconcentrer sur les tâches essentielles de mon business. Aussi pour ne pas me cramer.
2. Garde de la place pour ce qui te passionne. Avoir plusieurs projets, c’est bien, surtout des choses qui te donnent envie de te lever le matin et de bosser. Un entrepreneur doit garder un peu de cette folie : vouloir lancer des projets qui n’ont pas forcément de sens. Comme un jeu.
3. N’attends pas toujours un retour financier. Parfois, tu passes des heures sur un projet et tu te rends compte qu’il ne te convient pas. Alors tu changes. Tu jettes une pierre dans l’eau, tu essaies, tu verras ce que ça donne. C’est aussi comme ça que tu peux tomber sur le projet qui te plaît vraiment.
Mon avis aujourd’hui : pas trop de projets. Mais parfois quelques-uns, pour rester un peu diversifié.
Garde le tronc. Laisse pousser quelques branches.
Je parle plus en détail de ce sujet en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy




