J’ai pris une décision : j’arrête mes bureaux.
Le truc marrant, c’est que le tout premier épisode de mon podcast, je l’ai enregistré dedans, ici à Maurice, à Grand-Baie.
J’y réfléchissais depuis un ou deux mois. Et il y a environ une semaine, c’était réglé. Je me suis fait une pièce à la maison, et je n’y retourne plus.
Je suis engagé, donc je vais devoir continuer à payer pendant quelques mois. Pour un bureau où je n’irai pas.
Je te raconte pourquoi, parce que je me suis planté sur un point que beaucoup d’entrepreneurs croient vrai.
J’ai toujours cru qu’un entrepreneur allait au bureau
Quand j’ai démarré, on a lancé une entreprise familiale avec mes parents. Je suis fils d’entrepreneur, et pour eux, entreprendre, ça passait par des bureaux.
Donc je me levais assez tôt pour éviter les bouchons. J’allais au bureau. Je mangeais chez moi ou en ville le midi. Je rentrais le soir.
Ça a duré des années. Même avec un business en ligne, je continuais à y aller. D’abord en voiture, puis en trottinette électrique quand j’ai déménagé en ville.
Mes toutes premières vidéos YouTube ont d’ailleurs été tournées là-bas, avec mes AirPods.
Puis le Covid est arrivé.
Le Covid m’a montré ce que je n’aurais jamais testé
Je n’avais plus le choix. Je me suis fait une pièce dans mon appartement de 80 mètres carrés, avec deux chambres : une pour dormir, une pour bosser.
Et je ne suis plus jamais retourné au bureau. Pendant des années.
Ma routine était très simple. Je me levais. Je remettais tout au propre en écoutant un podcast ou une formation, parce que j’aime que tout soit carré avant de démarrer. Je prenais ma douche, mon café, et je me mettais au travail.
Ça a fonctionné pendant quasiment six ans.
Pourquoi j’ai repris des bureaux
Fin 2025, je fais une sorte de burn out.
Beaucoup de remises en question. Qu’est-ce que je veux faire de ma vie, de mon business, des prochaines années ? Je me sépare d’une grande partie de mon équipe. Je suis complètement démotivé. Je n’ai plus envie d’avancer.
Je prends le temps de ralentir. Je développe une offre de consulting en one to one, avec un très petit nombre de clients, un truc que j’adore faire.
Et début 2026, je me dis : pourquoi pas prendre des bureaux ?
Peut-être que je ne sors pas assez de chez moi. Peut-être qu’un lieu avec de la vie, des gens qui passent et ma petite équipe de Maurice autour de moi va me redonner de l’élan.
Alors j’y vais à fond. Je signe.
C’est ma personnalité. Quand j’ai une idée, je fonce. J’en suis fier, et en même temps c’est très critiquable. Quand j’ai voulu tester Dubaï, cette erreur m’a coûté des dizaines de milliers d’euros.
Ce que j’ai découvert presque un an plus tard
Personne ne venait.
Je voulais créer un cocon où on bosserait à plusieurs. J’ai proposé à mon équipe de venir, de faire des choses ensemble. Tout le monde restait chez soi. Je crois qu’aujourd’hui, les gens veulent leur petit coin de travail et ne veulent plus se déplacer. Je les comprends. Moi aussi.
Ensuite, ce qui devait être un avantage est devenu un inconvénient.
Chez moi, j’ai une règle avec ma copine. Quand je travaille, je dois être hyper focus. Elle ne toque pas, elle ne rentre pas, elle m’envoie un message sur WhatsApp et je réponds quand j’ai fini ma tâche.
Au bureau, cette règle n’existe pas. Des gens passent dire bonjour. Ils toquent. Ils te coupent en plein travail.
Et puis il y a le trajet qui coupe la journée, les charges en plus, et le plus absurde : j’ai pris ici la meilleure maison que j’ai eue depuis que je suis à Maurice, et je n’en profitais même pas. Je partais le matin, je rentrais le soir.
Je pensais être plus productif. J’étais moins productif.
C’était bullshit.
Ce n’est pas l’environnement qui te rend productif. C’est ton organisation, et surtout la vitesse à laquelle tu peux te mettre au travail.
Ce que je gagne chaque matin
Aujourd’hui, ma routine tient en quelques lignes.
Je me lève. Je me fais un grand café allongé dans un mug avec lequel je peux marcher. Je mets mes chaussures. Et je pars marcher une heure dans ma résidence, chose rare à Maurice, où il est difficile de se promener faute de trottoirs.
Je pars à 7 heures. Je prends le soleil. Je me connecte un peu à la nature. J’écoute des vidéos inspirantes.
Quand je rentre à 8 heures, je n’ai qu’une envie : tout démarrer, tout défoncer.
Avec le bureau, c’était impossible. 20 minutes de trajet, parfois 30 avec les bouchons de l’école. Donc je ne marche pas. Donc je perds cette énergie. Donc je démarre moins bien ma journée.
Un cercle vicieux.
Je ne regrette pas tout
Je garde de très bons souvenirs de ces bureaux.
J’y ai fait de super vidéos, de super podcasts. J’y ai passé des soirées à bosser avec des amis jusqu’à 23 heures, minuit, une heure du matin. Ça, je ne l’avais jamais vécu chez moi.
Mais le lieu que je voulais créer n’a pas pris. Peut-être un jour. Pas maintenant.
Et j’en retiens surtout ceci : je n’aurais pas pu le savoir sans le faire. Il y avait peut-être d’autres façons de tester qu’en signant un contrat. Mais je voulais en avoir le cœur net.
Maintenant, je l’ai.
3 choses à retenir, que tu aies un bureau ou non
1. Ne cherche pas ton énergie dans un décor. J’étais démotivé, j’ai changé d’endroit, et ça n’a pas réglé la question. Regarde d’abord ton organisation.
2. Teste, mais regarde ce que tu signes. Je ne peux pas imaginer si une chose va marcher, il faut que je la fasse. Mais foncer a un prix : aujourd’hui, je paie encore des bureaux que je n’utilise plus. Si tu peux tester sans t’engager, fais-le.
3. Écris tes critères. Les miens sont clairs maintenant : marcher le matin, être libre, travailler de chez moi, avoir ma pièce, et qu’on ne me dérange pas quand je bosse.
Je ne suis pas fait pour travailler dans un bureau.
Il m’a fallu le payer pour le savoir.
Je parle plus en détail de ce sujet en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy




