Les 3 peurs que j'ai en tant qu'entrepreneur et dont personne ne parle
Pour ceux qui pensent que la réussite élimine l'incertitude
Nassim m’a posé une question dans un épisode du podcast Maverick qui m’a laissé sans voix pendant quelques secondes. Une question simple mais que très peu de gens posent sur internet : “Qu’est-ce qui te fait peur aujourd’hui ?”
J’ai un business qui tourne bien. Je suis installé à Maurice depuis un moment. J’ai trois chaînes YouTube, un podcast, des clients satisfaits. De l’extérieur, tout va bien. Mais la peur ne disparaît pas quand on réussit. Elle change de nature.
Et j’ai décidé de faire cet article pour y répondre honnêtement, après avoir pris le temps d’y réfléchir. Parce que dans le podcast, j’ai eu du mal à répondre du tac au tac. C’est une question qui mérite de la profondeur.
D’ailleurs, c’est une question que je vous invite à vous poser aussi. Qu’est-ce qui vous fait peur aujourd’hui ? La réponse peut révéler exactement les points que vous devez travailler dans votre vie.
Peur numéro 1 : perdre mon ambition, le moteur invisible que je ne contrôle pas
Depuis toujours, je suis incapable d’expliquer ce qui me pousse à aller plus loin. C’est un truc qui est là, en moi, mais que je pourrais perdre à tout moment. Et cette idée me terrifie.
J’en parlais avec un ami qui me demandait pourquoi je bossais autant, pourquoi je ne me contentais pas de ce que j’avais. Et la vérité, c’est que je ne sais pas d’où vient cette drive. Je sais juste que si je la perds, tout s’effondre. Parce que quand on est entrepreneur, le business dépend de nous. Si on n’a plus la motivation, on n’a plus de business.
Et cette peur est devenue réalité fin 2025, début 2026. J’ai fait un burnout. Un vrai. Pas le genre où on dit “Je suis fatigué.” Le genre où tu te réveilles et tu n’as plus envie de rien. Tu ne peux plus avancer. Tu es perdu. Et ça a duré des mois.
Ce burnout m’a fait comprendre quelque chose d’important sur l’ambition. L’ambition n’est pas un trait de personnalité permanent. C’est un carburant qui vient quand vous avez un projet cohérent dans lequel vous êtes passionné. Si le projet s’essouffle, l’ambition s’essouffle aussi. J’étais à la fin d’un cycle. Je faisais la même chose depuis des années. Et mon ambition s’était épuisée parce que le projet ne me portait plus.
La bonne nouvelle, c’est que l’ambition peut revenir. Il suffit de trouver un nouveau projet qui vous drive. Mais la peur qu’elle disparaisse un jour et ne revienne pas, cette peur reste là.
Et paradoxalement, c’est cette peur qui me pousse à bosser dur tous les jours. Parce que je me dis : si demain je n’ai plus cette énergie, il faut que j’aie construit suffisamment pour que ça tienne sans moi.
Peur numéro 2 : n’être bon que dans un seul domaine, le revers de la médaille du focus
C’est un paradoxe fascinant. J’ai toujours prêché le focus. Être bon dans un domaine, ça demande de se focaliser dessus pendant des années. Un médecin fait des années d’études pour se spécialiser. Un entrepreneur qui réussit est souvent celui qui a fait une seule chose parfaitement bien pendant très longtemps.
Mais le revers de cette médaille, c’est que quand ça fait 10 ans que vous faites la même chose, vous commencez à vous demander : est-ce que je suis bon à faire autre chose ? Si demain je voulais ouvrir une pizzeria, est-ce que j’en serais capable ? Si je voulais investir dans l’immobilier, est-ce que je saurais le faire ? Si je voulais lancer une formation dans un tout autre domaine, est-ce que ça marcherait ?
J’ai vu cette peur chez beaucoup d’entrepreneurs autour de moi. Des gens qui ont été tellement focus sur leur activité pendant des années qu’ils se sont enfermés dans une identité. “Je suis formateur.” “Je suis e-commerçant.” “Je suis consultant.” Et le jour où ils arrivent à la fin d’un cycle, ils paniquent parce qu’ils ne savent pas s’ils peuvent être autre chose.
La seule façon de casser cette peur, c’est d’essayer. D’expérimenter. De sortir de sa zone de confort. C’est pour ça qu’en ce moment, je réfléchis à développer des projets dans d’autres domaines. Pas pour l’argent. Pour me prouver à moi-même que je ne suis pas condamné à ne faire qu’une seule chose toute ma vie.
Mon plus gros “pourquoi” dans la vie, c’est de ne pas avoir de regrets. Et je ne veux pas, à la fin de ma vie, me dire : “Et si j’avais essayé autre chose ?”
Peur numéro 3 : ma santé qui commence à m’envoyer des signaux d’alerte
J’ai 28 ans. Et cette année, je me suis blessé deux fois en deux mois.
La première fois, une déchirure du muscle gastrocnémien, le muscle du mollet. Au paddle. J’étais en position fixe, j’ai voulu sprinter pour rattraper une balle, et le muscle a lâché. Incapable de poser le pied pendant cinq jours. Huit semaines d’arrêt de sport.
La deuxième fois, une sciatique. Au tennis. Le nerf sciatique enflammé, des douleurs nerveuses comme des coups électriques dans les deux jambes. Cloué au lit pendant deux jours. J’ai dû annuler des coachings avec des clients parce que je ne pouvais littéralement pas me lever.
Quand j’étais plus jeune, je pouvais faire n’importe quoi. Sauter d’un muret, tomber en vélo, tu te relèves et tu as rien. Et là, je fais des trucs normaux, classiques, et je me blesse. Mon corps m’envoie des signaux que je n’avais jamais reçus.
Ce qui m’a le plus frappé, c’est de réaliser que quand vous êtes cloué au lit, votre business qui tourne ne sert à rien. Vous pouvez avoir le plus beau business du monde, si votre corps ne suit pas, tout s’arrête. La santé, c’est le socle sur lequel tout le reste est construit. Et pendant des années, j’ai délaissé ce socle parce que j’étais assis derrière un bureau à bosser sur mon business.
Aujourd’hui, j’ai même peur de reprendre le sport. C’est tout bête, mais quand tu t’es blessé deux fois en deux mois, tu y réfléchis à deux fois avant de retourner sur un terrain. Et c’est cette peur qui m’a convaincu de prioriser les étirements, la souplesse, la mobilité dans ma routine du matin. Pas pour être athlétique. Pour ne pas me casser en faisant du paddle avec des potes.
Ce que ces 3 peurs m’ont appris et ce que vous pouvez en tirer
Identifier ses peurs n’est pas un exercice de complaisance. C’est un diagnostic. Chaque peur pointe vers un domaine que vous devez renforcer. Ma peur de perdre mon ambition m’a poussé à chercher de nouveaux projets stimulants. Ma peur d’être uni-compétent m’a poussé à expérimenter. Ma peur pour ma santé m’a poussé à intégrer le corps dans ma routine quotidienne.
Posez-vous la question : qu’est-ce qui vous fait peur aujourd’hui ? Et ne la fuyez pas. Regardez-la en face. Parce que derrière chaque peur, il y a un levier de croissance.
Je parle plus en détail de ces sujets dans le podcast, tu peux l’écouter ici :
- Rémy




