Cet article n’a pas pour but de te plomber le moral, au contraire. Je veux te parler des cinq plus grands regrets qu’on a au moment de mourir. Et ils ne viennent pas de moi : ils viennent de Bronnie Ware, une infirmière australienne qui a accompagné des personnes en fin de vie et qui en a tiré un livre devenu un best-seller, traduit dans des dizaines de langues.
Je suis quelqu’un qui se pose beaucoup ce genre de questions. Le soir, à Maurice, sur la plage avec des amis, il nous arrive de nous dire « c’est quand même fou, on est sur une planète, dans un univers vide ». Et au fond, ces questions ne sont pas morbides. Elles donnent du sens à ce que je fais au quotidien. Parce que si tu ne te poses pas ces questions maintenant, tu auras ces regrets au moment de mourir. Les voici.
1. Ne pas avoir été fidèle à soi-même
Le premier regret, le plus fréquent : « j’aurais aimé avoir le courage de vivre une vie fidèle à moi-même, et non celle que les autres attendaient de moi. »
C’est le regard des autres. Projette-toi : « je n’ai pas lancé ce projet, je n’ai pas tenté cette entreprise, je ne me suis pas mis à ce sport, parce que j’avais peur de ce qu’on dirait de moi. » Arrête de te mentir. À un moment, tu n’as pas osé, parce que tu avais peur du jugement, peur du risque, et tu es resté dans la case que les autres avaient dessinée pour toi.
Et voici ce qu’il faut vraiment intégrer : les gens n’en ont rien à faire de toi. Il y a cette image que j’aime, tirée du livre de Morgan Housel sur l’art de dépenser son argent, l’un des meilleurs que j’aie lus ces dernières années. Quand tu achètes une Ferrari, tu crois que les gens te regardent, toi, dans la Ferrari. En réalité, ils regardent la Ferrari, et ils s’imaginent eux au volant. Toi, ils s’en fichent. Tout le monde ne pense qu’à soi. Alors fais ce que tu as envie de faire.
2. Avoir trop travaillé
Le deuxième regret : « j’aurais aimé ne pas travailler aussi dur. » Ne pas avoir passé toute son énergie, toute sa santé, à bosser comme un malade sans jamais profiter.
C’est très exactement pour ça que je suis venu à Maurice, et que j’y suis resté après avoir essayé de partir. J’ai réalisé que travailler comme un fou n’avait aucun sens si c’était pour ne pas profiter chaque jour. Oui, j’entreprends, oui, je développe mes projets, parce que si je ne le faisais pas, je le regretterais. Mais je vis au quotidien. Je peux finir ma journée à 13h, aller à la plage, faire un paddle, voir des amis.
C’est même la raison du nom de ce podcast : Profit, liberté, no stress. Attention, il faut bosser dur à un moment. Mais il y a aussi un moment où il faut accepter qu’on en a fait assez, qu’on a atteint un niveau suffisant pour être libre, et arrêter de se surmener jusqu’à la fin de ses jours.
3. Ne pas avoir exprimé ses émotions
Le troisième : « j’aurais aimé avoir le courage d’exprimer mes sentiments. » Et là, je vais être honnête avec toi : c’est quelque chose que j’ai du mal à faire. Je suis loin d’être le meilleur là-dedans.
Je pense qu’à un moment, entreprendre et réussir m’a obligé à couper mes émotions. Parce que c’est tellement dur d’entreprendre que si tu es trop dans le sentiment, trop affecté par le regard des autres et par l’échec, ça peut te casser. Alors j’ai coupé. Et aujourd’hui, je les retrouve, et j’ai le luxe de pouvoir les retrouver pleinement.
Je le vois chez les miens : mon grand-père devient très émotif quand on se réunit, mes parents disent de plus en plus les choses simples, celles qu’il faut dire. Plus j’avance, plus je deviens sentimental moi aussi, et j’en suis content. Ces regrets numéro quatre, aussi, rejoignent ça : « j’aurais aimé rester en contact avec mes amis. » On laisse filer les liens, et un jour il est trop tard.
4. S’autoriser enfin à être heureux
Le cinquième regret est peut-être le plus fort : « j’aurais aimé m’autoriser à être plus heureux. » Et c’est exactement ce sur quoi je travaille en ce moment.
Quand on est entrepreneur, on a cette croyance profonde que l’instant précis où on va se poser, profiter, faire une pause, est l’instant précis où le business va s’arrêter de croître, voire s’effondrer. C’est une construction mentale. On s’est forgé une identité de personne carrée, disciplinée, qui fait passer le travail avant le plaisir. Et le jour où on pourrait enfin profiter, on n’y arrive pas, parce que ça voudrait dire changer cette identité.
C’est ça, le vrai piège. L’identité qui t’a fait réussir au début est aussi celle qui t’empêchera de réussir à un niveau supérieur. Et par réussir, je ne parle pas que d’argent. La réussite, ce n’est pas que la tune. C’est aussi le bonheur. Parfois, pour passer à l’étape d’après, il faut déconstruire la personne qu’on a dû devenir pour démarrer. Ce qui est vrai à une étape devient faux à la suivante.
Alors dis-moi en commentaire, et sois sincère : lequel de ces cinq regrets te parle le plus aujourd’hui ? Et surtout, qu’est-ce que tu n’oses pas faire, là, maintenant, par peur du regard des autres ? Écris-le, c’est déjà un début.
Je développe tout ça dans un épisode très « état d’esprit ». Si ce genre de réflexion te parle, tu le retrouves ici :
- Rémy




