L'IA va balayer 90 % des métiers, voici comment ne pas être dans le lot
Pour ceux qui pensent encore que leur métier est protégé
J’ai eu une conversation avec un ami entrepreneur qui m’a hanté pendant des jours. Pas le genre de discussion légère qu’on a entre deux matchs de padel. Une vraie conversation de fond sur ce qui nous attend dans les 5 à 10 prochaines années.
Sa conclusion tient en une phrase : “Dans la prochaine décennie, personne ne sait ce qui va se passer. Et ça va être brutal.”
Je précise que ce mec n’est pas un doomer. C’est quelqu’un qui a vendu deux boîtes, qui a un million d’abonnés sur les réseaux, qui bosse sur un SaaS avec l’ambition d’atteindre une valorisation d’un milliard. C’est un optimiste de nature qui dit kiffe la vie comme slogan. Mais sur ce sujet-là, il ne plaisante pas.
Son raisonnement est le suivant. À chaque révolution technologique dans l’histoire, des métiers ont été détruits mais d’autres ont été créés. L’imprimerie a tué les moines copistes mais a créé les éditeurs. Internet a tué les agences de voyage physiques mais a créé Booking, Airbnb et tout un écosystème numérique. Le smartphone a tué Nokia mais a créé les développeurs d’applications, les créateurs de contenu, les livreurs Uber Eats.
Le schéma a toujours été le même : une technologie détruit des emplois et en crée de nouveaux, souvent plus nombreux et mieux payés.
Mais avec l’IA, il pense que le schéma est fondamentalement différent. Parce que l’IA ne se contente pas de remplacer des tâches répétitives, comme les machines dans les usines. Elle remplace des tâches créatives, analytiques, stratégiques, relationnelles. Et quand elle sera omnisciente, quand elle pourra s’auto-entraîner et résoudre des problèmes qu’aucun humain ne peut résoudre, il n’y aura plus besoin d’humains pour occuper les nouveaux métiers non plus.
Son argument le plus violent concerne les métiers manuels. Beaucoup de gens se rassurent en disant que leur métier de plombier, de carreleur, d’électricien est protégé. Et c’est vrai, aujourd’hui. Mais le jour où un humanoïde débarque avec une IA embarquée, pourquoi quelqu’un payerait Gérard le plombier plus cher, moins fiable et moins disponible qu’un robot qui fait le travail parfaitement ?
Et l’argument de la solidarité ? Il le détruit en une phrase : “On va tous chez Lidl acheter le truc le moins cher. L’humain est égoïste. 95 % des gens choisiront le robot.”
Il m’a aussi raconté une expérience scientifique qui m’a glacé. Des chercheurs ont placé des rats dans un environnement parfait. Nourriture illimitée, aucun danger, aucun besoin non satisfait. Au début, tout allait bien. Puis ils ont commencé à s’entre-tuer. L’humain est fait pour travailler, pour résoudre des problèmes, pour avoir un but. Sans ça, il s’effondre. Et si l’IA fait tout à notre place, que faisons-nous de nos journées ?
La prime à l’authenticité, ou pourquoi les entrepreneurs qui restent humains vont dominer
Maintenant, il faut nuancer. Et c’est là que mon expérience d’entrepreneur depuis plus de dix ans entre en jeu.
Il y a une hype massive autour de l’IA. Les investisseurs injectent des milliards et ont tout intérêt à entretenir la flamme. Chaque semaine, une nouvelle annonce promet de tout changer. Et sur les groupes WhatsApp d’entrepreneurs, on ne parle que de ça. “Claude m’a fait un PDF incroyable.” “J’ai automatisé tout mon process en 3 heures.” Mais quand tu demandes combien d’argent ces gens ont gagné grâce à l’IA, le silence est assourdissant.
Un ami entrepreneur que je respecte beaucoup m’a fait une anecdote révélatrice. Il utilise énormément l’IA pour son travail, notamment pour le copywriting. Un jour, il envoie un email 100 % généré par l’IA à sa liste. Le mail semblait bien. Mais une abonnée de longue date lui répond : “Ça fait des années que je lis tes mails parce que c’était toi qui les écrivais. Là, c’est fait par ChatGPT. Je me désinscris.”
Les gens ne sont pas bêtes. Ils détectent l’artificiel, même quand c’est bien fait. Et c’est là l’opportunité paradoxale que l’IA crée.
J’appelle ça la prime à l’authenticité. Plus tout le monde utilise l’IA pour produire du contenu générique, plus ceux qui restent authentiquement humains se démarquent. C’est le même mécanisme que dans l’alimentation : plus il y a de produits industriels dans les rayons, plus le bio artisanal prend de la valeur. Plus il y a de fast-food, plus les restaurants gastronomiques se distinguent.
En 2026, sur YouTube, les vidéos ont des meilleurs titres, des meilleurs scripts, des meilleures miniatures qu’il y a 3 ans. La barrière à l’entrée semble avoir monté. Mais quand tu regardes le contenu, il n’y a rien dedans. C’est creux. C’est poli mais vide. Parce que les gens mettent la forme avant le fond. Ils laissent l’IA écrire sans jamais y mettre leur vécu, leurs erreurs, leurs histoires.
Et c’est exactement ça, votre avantage compétitif le plus durable. Vos histoires, vos expériences, vos opinions forgées par des années de terrain, l’IA ne peut pas les copier. Un podcast comme celui que je fais, où on s’assoit pendant 2 heures avec quelqu’un et on parle franchement, sans script, sans montage artificiel, c’est un format que l’IA ne remplacera jamais. Parce que la valeur n’est pas dans l’information, elle est dans l’authenticité de l’échange.
Les 5 actions concrètes pour prospérer dans un monde où l’IA change toutes les règles
Le philosophe stoïcien Épictète disait : “Nous ne contrôlons pas ce qui arrive, mais nous contrôlons notre réponse.” L’IA va arriver, qu’on le veuille ou non. La question n’est pas de savoir si ça va changer les choses. C’est de savoir comment vous vous positionnez pour en profiter plutôt que d’en subir les conséquences.
Action 1 : utilisez l’IA comme un co-pilote, pas comme un chauffeur
La métaphore du co-pilote est importante. Dans un avion, le pilote prend les décisions stratégiques. Le co-pilote assiste, vérifie, exécute les tâches secondaires. Si le co-pilote prenait les commandes et que le pilote s’endormait, ça finirait mal. C’est exactement ce que font les entrepreneurs qui délèguent tout à l’IA. Ils s’endorment aux commandes. Utilisez l’IA pour brainstormer, pour itérer, pour accélérer. Mais gardez le volant. Une idée générée par l’IA, c’est une idée qu’elle donnera aussi à vos concurrents. Vos idées à vous, tirées de votre expérience unique, sont votre moat, votre fossé défensif infranchissable.
Action 2 : investissez massivement dans les formats authentiques et humains
Les podcasts longs, les vidéos où on vous voit réfléchir en temps réel, les lives sans script, les newsletters écrites de votre main, c’est tout ça qui va prendre une valeur énorme. C’est comme un tableau peint à la main dans un monde d’impressions numériques. Chaque trait de pinceau a de la valeur justement parce que tout le reste est automatisé. Doublez vos efforts sur ces formats. Pas parce qu’ils sont à la mode. Mais parce qu’ils créent une connexion que l’IA ne peut pas reproduire.
Action 3 : construisez des actifs qui ont de la valeur indépendamment de vous
Une audience n’est pas un actif si elle dépend entièrement de votre présence quotidienne. Un business n’est pas un actif s’il s’effondre quand vous partez en vacances. Un actif, c’est quelque chose qui a de la valeur pour quelqu’un d’autre. Un logiciel, un produit, une marque, une propriété intellectuelle. Dans un monde incertain, avoir des actifs revendables, c’est votre filet de sécurité. Si demain tout change, vous avez quelque chose à vendre.
Action 4 : développez votre capacité d’adaptation comme une compétence en soi
Les webinaires ont marché pendant 10 ans. Les challenges marchent maintenant. Dans 5 ans, autre chose marchera. L’adaptabilité n’est pas une qualité innée. C’est un muscle qui se travaille. Et le meilleur exercice pour ce muscle, c’est de toujours tester des choses nouvelles, même quand ce que vous faites actuellement fonctionne bien. Réservez 20 % de votre temps pour expérimenter, pour tester de nouveaux formats, de nouvelles approches, de nouveaux outils. C’est votre assurance contre l’obsolescence.
Action 5 : investissez dans vos relations humaines plus que dans vos outils
Les outils changent tous les 6 mois. Les relations restent toute une vie. Les entrepreneurs qui durent 10, 15, 20 ans sont ceux qui ont un réseau solide, des partenaires de confiance, des clients fidèles qui les suivent quel que soit le format ou la plateforme. Aucune IA ne remplacera jamais la confiance que quelqu’un a en vous parce que vous l’avez aidé quand il en avait besoin. Investissez dans les dîners, les événements, les conversations profondes. C’est le ROI le plus élevé que vous ferez jamais.
Je parle plus en détail de ce sujet en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy



