Il y a quelques jours, c’était l’anniversaire d’une personne de ma famille. Et à l’occasion de cet anniversaire, j’ai observé un truc qui m’a fait réfléchir profondément. Cette personne était déprimée. Pas à cause de l’anniversaire lui-même. Mais à cause de ce que l’anniversaire représentait : un rappel brutal que le temps passe.
Et en me regardant moi-même, j’ai réalisé que je n’avais jamais ressenti ça. Jamais. Ni à mes anniversaires, ni à Noël, ni au nouvel an. Aucune date ne me provoque ce sentiment de “le temps file.” Et je me suis demandé pourquoi.
La réponse, quand elle est venue, m’a frappé par sa simplicité. Les personnes qui sont déprimées le jour de leur anniversaire sont des personnes qui ne pensent pas au temps qui passe tout au long de l’année. Elles vivent dans une sorte de bulle où les jours s’écoulent sans qu’elles s’en rendent vraiment compte. Et quand l’anniversaire arrive, bam, la réalité les rattrape. “Tu as vieilli. L’année est passée. Le temps file.”
Pour moi, c’est l’inverse total. Le temps passe vite tous les jours. Chaque matin, sans exception, je me réveille avec cette conscience aiguë que les heures sont comptées. Je n’ai pas besoin d’un anniversaire pour me le rappeler. C’est là, en permanence, comme un bruit de fond constant qui me dit “Bouge. Avance. T’as pas le temps.”
Et cette différence, qui peut sembler anodine, est probablement l’un des facteurs les plus déterminants entre ceux qui atteignent leurs objectifs rapidement et ceux qui passent des années à tourner en rond.
La sensibilité au temps est le moteur le plus puissant que vous pouvez avoir, et personne ne vous en parle
J’en ai parlé dans mon livre il y a plusieurs années. Les personnes qui ont une forte sensibilité au temps qui passe sont généralement celles qui atteignent leurs objectifs le plus rapidement. Pas parce qu’elles sont plus intelligentes. Pas parce qu’elles sont plus talentueuses. Parce qu’elles ne peuvent pas accepter de gaspiller leur temps.
Quand vous ressentez profondément, au fond de vos tripes, que chaque journée qui passe ne reviendra jamais, vous ne pouvez pas rester assis. Vous ne pouvez pas scroller pendant une heure. Vous ne pouvez pas laisser une journée s’écouler sans avoir avancé, ne serait-ce que de 0,1 %, vers vos objectifs. C’est physiquement impossible.
Chaque fois que quelqu’un me fait perdre du temps, je suis énervé. Pas parce que je suis impatient dans le mauvais sens du terme. Parce que je sais que ces minutes perdues, je ne les récupérerai jamais. Et quand j’ai du temps libre, je le passe sur moi. Sport, lecture, développement. Jamais sur du vide. Jamais sur des activités qui ne m’apportent rien.
C’est cette conscience permanente qui fait que les personnes sensibles au temps ne remplissent pas leurs journées par du vide. Elles les remplissent par des choses importantes. Pas urgentes. Importantes.
Et c’est cette même conscience qui fait que l’anniversaire n’a aucune importance. Parce que quand vous vous êtes réveillé ce matin en ressentant la vitesse à laquelle le temps passe, votre anniversaire n’est qu’une journée parmi 365 autres journées où vous avez déjà ressenti la même chose. C’est une date parmi tant d’autres. Pas un rappel.
Les 2 types de personnes face au temps, et comment passer de l’un à l’autre
Type 1 : ceux qui vivent dans la bulle
Ils vivent l’année tranquillement. Un peu en pilote automatique. Les jours s’écoulent, les semaines passent, les mois filent. Et de temps en temps, un marqueur temporel les réveille. Un anniversaire, le nouvel an, la rentrée de septembre. Et à chaque marqueur, c’est le même schéma : une prise de conscience brutale (”Le temps passe !”), une bouffée de motivation (”Cette année, je m’y mets !”), puis un retour progressif au pilote automatique jusqu’au prochain marqueur.
Leur courbe de résultats ressemble à des pics suivis de retours au niveau zéro. Exactement comme les sprints et burnouts que j’ai décrits dans un autre article. Beaucoup d’énergie par à-coups. Zéro résultat cumulé.
Type 2 : ceux qui vivent avec le temps
Ils n’ont pas besoin de marqueurs. Chaque matin est un rappel. Pas anxiogène. Motivant. Parce que cette conscience du temps n’est pas de la peur de mourir. C’est de la valorisation de vivre. Chaque jour a de la valeur parce qu’il ne reviendra jamais. Et cette valeur perçue crée une incapacité naturelle à gaspiller.
Leur courbe de résultats est exponentielle. Pas spectaculaire au début. Mais constante. Parce que chaque jour, sans exception, ils avancent. Même de 0,1 %. Et l’effet cumulé de 365 jours à 0,1 % est beaucoup plus puissant que 3 pics d’énergie intense suivis de 362 jours de pilote automatique.
La question que je voudrais vous poser est celle-ci : avez-vous besoin d’un anniversaire pour vous rendre compte que le temps passe ? Ou est-ce que vous le ressentez tous les jours, au fond de vous, chaque matin en ouvrant les yeux ?
Si c’est la première option, ce n’est pas un défaut. C’est une habitude. Et comme toute habitude, elle peut se changer. Commencez demain matin. Avant de toucher votre téléphone, avant de faire quoi que ce soit, prenez 10 secondes pour réaliser que cette journée ne reviendra jamais. Et demandez-vous : “Qu’est-ce que je vais en faire ?”
Je parle plus en détail de ce sujet en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy



