Imagine deux rendez-vous.
Au premier, la personne en face te raconte tout. À quel point elle souffre. À quel point elle est malheureuse. À quel point il faut que sa situation change, maintenant. Elle te le dit droit dans les yeux, en visio. Elle est prête à bosser dur, prête à faire ce qu’il faut.
Toi, tu as de l’empathie. Tu as réellement envie de l’aider. Alors vous planifiez un second rendez-vous.
Au second rendez-vous, personne. Pas de réponse. Et tu n’auras plus jamais une seule fois de ses nouvelles.
Je vais dire une phrase qui va faire débat : les gens sont des lâches.
Pas tout le monde, évidemment. Mais la plupart. Et je le pense sincèrement.
Ce n’est pas toi le problème
J’écris cet article pour celui qui vit déjà ça sans le savoir. Qui pense qu’il a mal fait, qu’il a été maladroit, que c’est de sa faute.
Alors qu’en réalité, c’est la personne en face qui est lâche.
Quand on se lance, on est complètement à côté de la plaque là-dessus. On pense que les gens vont être sympas. Qu’ils vont nous soutenir. Que nos clients seront de bons clients. Et on découvre que c’est souvent l’inverse.
Plus tu as d’ambition, plus tu rencontres de monde. Sur les réseaux, en postant du contenu. En vrai, avec des clients. C’est inévitable.
Donc prépare-toi à la lâcheté des gens que tu vas croiser.
Trois scènes que tu vivras forcément
Le prospect qui disparaît. Je vends des formations, et on fait du closing : des appels de vente, au téléphone ou en visio. La scène des deux rendez-vous, toutes les personnes qui ont fait du closing l’ont vécue.
Le commentaire sous pseudo. Commence à poster sur les réseaux, tu vas voir. Ceux qui te critiquent et se plaignent sont bien souvent derrière leur ordinateur, à ne rien faire, avec un pseudo qui n’est pas leur nom et un avatar qui n’est pas leur photo. C’est facile de critiquer quand on est masqué. C’est une forme de lâcheté.
Le client qui retourne sa veste. Tu signes un client. Il te dit : « Oui, je vais faire ci, je vais faire ça, j’ai compris que c’était moi le responsable. » Quelques mois plus tard, retournement complet. Il te reproche l’inverse de ce qu’il a dit. Si tu as eu suffisamment de clients, ça t’est forcément arrivé.
Et retiens bien ça : ce n’est pas toi, ce n’est pas ton service, ce n’est pas ton produit. C’est l’humain.
« Rémy, tu es trop extrême »
Je sais ce que certains vont me dire. Que ma vision du monde est dure. Un peu sombre. Un peu faussée.
Bien sûr, c’est plus nuancé. Tout le monde ne pense pas qu’à lui.
Mais sur 100 personnes que tu vas rencontrer dans la vraie vie, tu en auras peut-être 95 % comme ça. L’exception confirme la règle, oui. Mais ça reste des exceptions.
Au fond, beaucoup de gens te diront une chose et feront l’inverse. Et quand ils rencontreront des difficultés, ils changeront de comportement et remettront la faute sur toi, pour protéger leur ego.
Le vrai danger : être une éponge
Le problème n’est pas que les gens soient lâches. Le problème, c’est quand tu l’absorbes.
Surtout au début, quand tu manques encore de confiance en toi, en ton offre, en tes compétences.
Là, la moindre lâcheté en face te saute au visage. Et si tu la prends personnellement, tu te remets en question. Tu te dis que tu n’es pas capable. Que tu n’es pas la bonne personne. Que tu t’es trompé.
Et tu arrêtes.
J’ai vu des gens tout arrêter à cause de ça. J’en ai vu être complètement détruits en réalisant que le monde était comme ça.
Première raison : promettre fait autant de bien que faire
Pourquoi les gens sont lâches ? Je vois deux raisons principales.
La première, c’est la dopamine.
Janvier, ou septembre. Les vacances sont finies. On se pose devant un tableau blanc ou une tablette et on fixe ses objectifs. « Cette année, je gagne 10 000 euros par mois. Je vends ma formation. »
Le simple fait de le dire libère de la dopamine, l’hormone du plaisir. Tu te sens fort, invincible, comme si c’était déjà fait.
Sauf que pour la plupart des gens, cette dose suffit.
Quand la dopamine disparaît et qu’il faut être discipliné, bosser, faire ce qu’il faut, ils abandonnent. Et ils attendent un an pour refixer le même objectif et retrouver leur petite dose.
Alors ne sois pas surpris quand quelqu’un te dit « je vais faire ci, je vais faire ça » et ne le fait pas. Sur le moment, il y croyait. Il ne l’avouera jamais, c’est tout.
Deuxième raison : le succès des autres dérange
Pourquoi tant de gens critiquent sur les réseaux, au lieu de s’occuper de leur vie ?
Parce que quand tu incarnes ce que l’autre désire, tu deviens son miroir.
Je prends mon exemple, sans prétention. Je tourne mes vidéos chez moi, dans mon jardin à Maurice. Pas de fond vert, un cadre tropical. Si c’est exactement ce à quoi une personne aspire, et qu’elle n’a pas ça chez elle, ça peut créer de la frustration.
Accepter qu’on n’est pas là où on aimerait être, c’est accepter un échec. Et accepter un échec, c’est mettre son ego de côté. Très peu de gens y arrivent.
L’ego, c’est le plus difficile. Il décide où tu dépenses ton argent, la voiture que tu conduis, la maison où tu vis, l’identité que tu te construis. L’ego, c’est quasiment tout.
Alors c’est beaucoup plus simple de chercher des défauts chez quelqu’un et de dire « Regarde, c’est lui le fautif » que d’admettre que le problème vient de soi.
Je ne leur en veux pas. Je pense que la plupart sont lâches sans s’en rendre compte, parce que leur ego est plus fort que leur logique. Accepter leur faiblesse les détruirait. Tout comme croire que leur lâcheté vient de toi te détruirait, toi.
Donc chacun doit se protéger.
Deux chemins, et un seul te fait avancer
Avec le recul, ton comportement va changer. Forcément. Et il n’y a que deux options.
Soit tu le prends personnellement. Ça te bride, ça te freine, ça t’éteint.
Soit tu deviens plus dur. Plus solide. Antifragile.
Mais sache-le d’avance : les gens ne comprendront pas que tu deviennes plus ferme, plus pragmatique, avec moins d’émotion. Pourtant, tu n’as pas le choix. Sans carapace, toute cette lâcheté t’atteint, et tu ne pourras pas tenir.
Ce que des années de business m’ont appris
Quand je regarde mon évolution sur les 10 ou 12 dernières années, je me revois arriver dans le business la fleur au fusil.
J’étais jeune. Je pensais que les gens n’avaient qu’une parole. Qu’ils avaient des principes, des valeurs, qu’ils étaient honnêtes dans le business. Je le croyais sincèrement.
Aujourd’hui, j’ai une vision vraiment différente.
Je n’attends plus rien de personne. Quand quelqu’un me dit A, je sais qu’il va faire B. Et je ne me contente plus de le comprendre : je l’anticipe.
3 leçons pour ne plus te faire éteindre
1. N’attends rien de personne. C’est ce qui t’évite de tout prendre personnellement et de tout arrêter au premier retournement.
2. Anticipe comme si on allait te mentir. C’est pour ça que je recommande à tous mes clients de faire des contrats avec leurs propres clients. Des contrats béton, qui préviennent tout de A à Z. Chez nous, on a même une valeur : les prospects mentent toujours. Pars du principe qu’ils feront l’inverse de ce qu’ils disent. Tu verras que bien souvent, ça arrive.
3. Pose-toi la question qui dérange. Pense à la personne dont tu te dis : « Elle, c’est impossible qu’elle me trahisse. » C’est possible. Et si elle le faisait, comment t’es-tu protégé, à titre personnel comme professionnel ? L’idée n’est pas de croiser les doigts en espérant tomber sur l’exception. L’idée, c’est de tout anticiper.
Les gens ne changeront pas. Toi, tu peux arrêter de les attendre.
Je parle plus en détail de ce sujet en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy




