Pourquoi le voyage est le meilleur investissement que j'ai fait
Ce que personne ne vous dit sur le lien entre voyager et réussir en business
Je suis en Australie en ce moment, à Fremantle, une petite ville à côté de Perth, tout à l’ouest du pays. La raison de ma venue ici est simple : j’avais vraiment envie de découvrir l’Australie. De Maurice, où j’habite au quotidien, Perth est un passage quasi obligatoire pour rejoindre Sydney. J’en ai profité pour m’arrêter à Fremantle, un quartier beaucoup plus local, parce que c’est ce que j’aime faire quand je voyage : aller là où les gens vivent vraiment, pas là où les touristes se prennent en photo.
Et depuis ici, je me suis dit que c’était le moment parfait pour vous parler de quelque chose que très peu de gens abordent. Pourquoi je voyage, pourquoi je dépense autant d’argent et de temps dans les voyages alors que ça semble être l’inverse de ce qu’un entrepreneur devrait faire. Et concrètement, ce que ça m’apporte dans mon business.
Soyons honnêtes : voyager est un mauvais calcul sur le papier
Il y a un mythe autour du business en ligne qui dit que dès qu’on gagne de l’argent sur internet, on est libre géographiquement, on prend son ordinateur et on part explorer le monde. La réalité, c’est que la majorité de mes amis entrepreneurs ne voyagent pas tant que ça. Et il y a de bonnes raisons.
Premièrement, le voyage prend un temps considérable. Pendant que vous êtes en voyage, vous n’êtes pas à fond dans votre business. Vous avez du mal à bosser parce que votre environnement n’est pas optimisé pour ça. Ici par exemple, j’ai un gros décalage horaire, je suis fatigué, mes rendez-vous sont compliqués à caler. Je peux bosser sur la table où je suis mais ce n’est pas comme mon bureau. La productivité chute, c’est un fait.
Deuxièmement, ça coûte très cher. Et c’est un type de dépense particulier. Quand vous dépensez votre argent, il y a trois catégories. Soit vous l’investissez pour plus tard, et il travaille pour vous. Soit vous achetez un objet que vous utilisez dans le temps et que vous pouvez revendre, comme une voiture. Soit vous le dépensez dans une expérience, et dans ce cas l’argent est parti définitivement. Pas de retour sur investissement mesurable, pas de revente possible, l’argent est perdu pour toujours.
Les voyages tombent dans cette troisième catégorie. C’est l’une des seules façons de dépenser son argent où vous êtes absolument certain de ne jamais le retrouver. Et c’est en grande partie pour ça que beaucoup de gens ne voyagent pas, consciemment ou inconsciemment.
Alors pourquoi est-ce que je continue de le faire malgré tout ça ?
Ma théorie sur le meilleur investissement qu’on puisse faire
Je vais essayer de vous expliquer quelque chose qui est par nature difficile à expliquer. C’est mon observation de ce qui s’est passé au cours des dernières années, à chaque fois que j’ai voyagé.
À chaque retour de voyage, il y a une perception qui change. Une manière de voir les choses qui est différente. Des objectifs qui se clarifient. Et surtout une énergie rechargée qui me donne envie d’exploser et d’avancer comme jamais. Si j’étais resté dans le quotidien à toujours essayer de calculer la rentabilité de chaque minute, à toujours essayer d’avoir un quotidien parfait, je n’aurais jamais ces pics d’énergie qui me propulsent en avant.
Et pour comprendre pourquoi, il faut comprendre ma théorie sur les deux modes de fonctionnement d’un entrepreneur.
Les deux modes : réflexion et action
Dans la vie, on alterne entre deux états.
Le premier état, c’est la réflexion. Ce sont les moments où vous vous posez pour penser à ce que vous voulez vraiment faire. Pas ce que YouTube vous dit que vous voulez, pas ce qu’Instagram vous pousse à désirer, pas ce que vos amis ou votre famille attendent de vous. Ce que vous, fondamentalement, au plus profond de vous-même, avez envie de faire de votre vie.
Et je sais que la plupart des gens ne se posent jamais ces questions. La majorité des gens fonctionnent en mode automatique. On leur a vendu un modèle à l’école : se lever à 9h, bosser jusqu’à 17h, payer son loyer, faire des gosses, adopter un Labrador, et attendre la retraite pour profiter. C’est le mode par défaut.
Quand vous décidez de quitter ce modèle, il y a deux chemins. Soit vous réfléchissez par vous-même, et ça c’est une très grande minorité. Soit vous vous faites influencer par des gens sur internet qui partagent leur point de vue, ce qui n’est pas fondamentalement mauvais parce que pour réfléchir on a besoin d’information.
La différence entre les deux, c’est que celui qui boit les paroles de quelqu’un en ligne va simplement adopter un autre mode par défaut. Peut-être que ce ne sera plus le 9 to 5, mais ce sera “bosser 16 heures par jour pour devenir riche”, ce qui est juste un autre mode automatique. Celui qui réfléchit par lui-même va écouter différentes perspectives, se renseigner sur ce qui existe, puis faire sa propre synthèse de ce qu’il veut vraiment.
Le deuxième état, c’est l’action. Vous avez défini votre cap, maintenant vous bossez. Vous avancez comme un robot, sans réfléchir, sans douter. Vous exécutez. C’est vraiment ma manière de procéder : je réfléchis longtemps à ce que je dois faire, puis je le fais bêtement sans me poser de questions.
Le problème survient quand on reste bloqué dans un seul de ces deux états. Si vous êtes toujours dans le rêve, vous n’atteindrez rien parce que vous ne faites que rêver. Et si vous êtes uniquement dans le travail, c’est comme avoir un bateau qui avance loin dans la mer sans cap. Certes le bateau a quitté le port, il avance, mais vous ne savez pas où vous allez. Vous pourriez avoir un coup de chance et arriver au bon endroit, mais vous pourriez aussi complètement vous planter.
Les gens qui ne font que travailler sans jamais se poser pour réfléchir avancent, avancent, avancent, mais si ça se trouve, ils avancent dans la mauvaise direction. Et quand ils s’en rendent compte après des années, c’est dévastateur.
L’idée, c’est d’avoir des moments où vous réfléchissez fondamentalement à ce que vous voulez faire de votre vie, quels sont vos critères non négociables, comment vous voulez vivre. Puis d’alterner avec des moments où vous travaillez et pendant ces moments de travail, vous ne faites que travailler. Pas de doute, pas de remise en question permanente, pas de “est-ce que je fais les choses bien ?” Vous exécutez, point.
Pourquoi le voyage est le meilleur outil pour couper
Le voyage est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour forcer cette coupure et entrer en mode réflexion.
Sans voyage, c’est extrêmement difficile de couper quand on est entrepreneur. Surtout si vous travaillez à la maison, ce qui est le cas de la plupart des entrepreneurs en ligne. Votre bureau est juste à côté de la cuisine, qui est juste à côté du salon. Quand vous êtes dans le canapé et que le bureau est à 3 mètres, vous culpabilisez. C’est quasi impossible de se dire “bon, je vais arrêter de travailler et me poser pour réfléchir” quand votre environnement entier crie “travaille”.
Le voyage vous force à sortir de cet environnement. Vous êtes dans un cadre qui n’est physiquement pas fait pour bosser. Et c’est volontaire. Ce cadre inadapté au travail va vous faire réfléchir, vous faire vous poser des questions, avoir des déclics.
Et quand je parle de réfléchir, je ne parle pas d’être assis avec une feuille blanche à contempler la nature pendant 3 heures. C’est indirect. Vous allez juste profiter de l’endroit, vivre le voyage, et indirectement les déclics vont arriver. Parfois en conduisant une voiture, parfois en marchant dans une rue, parfois en observant quelque chose de complètement anodin. C’est pour ça que c’est difficile à expliquer : ce n’est pas un processus conscient, c’est un processus qui se fait naturellement quand vous coupez le quotidien.
Les chocs de culture qui transforment votre perspective
Ce que j’adore par-dessus tout dans le voyage, c’est le changement de culture. Quand on change d’environnement, on voit des façons de réfléchir qui sont différentes de la nôtre. Et on a tous tendance à penser que notre manière de voir le monde est universelle, jusqu’à ce qu’on réalise qu’elle ne l’est absolument pas.
Je me souviens du premier vrai déclic que j’ai eu. Quand je vivais en France, je ressentais un malaise diffus au quotidien. J’avais envie de partir mais je ne savais pas vraiment pourquoi. Puis j’ai commencé à voyager, je suis allé à Maurice, et j’ai vu des gens qui vivent à un rythme complètement différent. Des gens qui s’arrêtent littéralement au milieu de la route pour lire leur journal. Je vous parle d’un gars sur une route passante qui arrête sa voiture, pas sur le côté, non, au milieu de la route, et qui se pose sur son téléphone ou lit son journal. Sans la moindre pression.
La première fois que j’ai vu ça, j’ai été choqué. Puis je me suis dit : ces mecs ne sont pas stressés. Ils ont compris quelque chose. Alors qu’en France, si vous attendez 3 secondes à un feu vert, 10 personnes vous klaxonnent et le premier qui passe à votre niveau vous insulte. Tellement les gens sont sous pression en permanence, tellement tout le monde est stressé.
C’est juste une observation sur la route. Mais quand vous voyez ça, ça change votre échelle de référence. Vous réalisez que le stress permanent n’est pas une fatalité, que c’est un choix collectif, pas une loi de la nature.
Ici en Australie, j’observe un mélange fascinant. Il y a des influences américaines dans les types de maisons, les grandes routes à croisements carrés, les gros pickup. Et des influences européennes dans la mentalité : le weekend est sacré, les vacances sont sacrées, on ne vit pas pour travailler. J’ai utilisé l’IA pour creuser ce sujet et il s’avère que le mindset australien penche beaucoup plus vers l’équilibre européen que vers l’acharnement américain. Et c’est fascinant de retrouver ça dans un pays à des milliers de kilomètres de l’Europe.
Un autre truc qui m’a frappé ici, ce sont les pare-buffles sur les voitures. Des barres métalliques devant les pickup, les camions, même les semi-remorques. Au début je me demandais pourquoi ils en avaient tous, puis j’ai parlé avec un Français qui travaillait dans un restaurant et il m’a expliqué que les animaux traversent régulièrement les routes ici et que se prendre un kangourou n’a rien d’exceptionnel. C’est tellement courant que c’est devenu un équipement standard.
Ce sont des détails. Mais chacun de ces détails vous montre quelque chose que vous n’aviez jamais vu, jamais imaginé. Et l’accumulation de ces découvertes ouvre votre esprit de manière considérable. Ça vous montre que même si vous pensez tout savoir de votre domaine, de votre business, de votre vie, en réalité vous ne savez rien. Il y a toujours des choses à découvrir, des angles morts dans votre réflexion. Ça rend humble, ça apporte de la nuance, ça empêche de voir le monde en noir et blanc.
Ce qui se passe au retour
Le vrai retour sur investissement d’un voyage ne se mesure pas pendant le voyage. Il se mesure au retour.
Vous revenez avec une énergie différente, des idées nouvelles, une clarté sur vos objectifs que vous n’aviez pas avant de partir. Vous savez que ce que vous faites au quotidien quand vous travaillez vous mène dans la bonne direction parce que vous avez pris le temps de vérifier votre cap.
Les gens qui ne voyagent pas assez manquent de cette prise de hauteur. Ils restent la tête dans le guidon, à pédaler aussi fort qu’ils peuvent, sans jamais lever les yeux pour vérifier qu’ils sont sur la bonne route. Et un jour ils se retrouvent à un endroit où ils n’avaient pas envie d’être, sans comprendre comment ils sont arrivés là.
Chaque voyage s’additionne aux précédents, renforce qui vous êtes, enrichit votre perspective. Et je suis convaincu qu’à la fin de notre vie, ce qui restera, ce ne sera pas les objets. On s’en foutra complètement des objets. Ce qui restera, ce seront les expériences qu’on a vécues et celles qu’on a fait vivre aux autres.
Alors oui, voyager coûte cher, prend du temps, casse la routine et diminue la productivité à court terme. Mais c’est probablement l’investissement le plus rentable que vous puissiez faire pour votre business et pour votre vie. À condition d’alterner intelligemment avec des phases de travail intense où vous exécutez sans vous poser de questions.
J’ai filmé cette réflexion directement depuis l’Australie. Regardez la vidéo complète ici :
- Rémy



