Ce matin, je me suis levé épuisé.
Pas juste un peu fatigué. Épuisé mentalement. Avec beaucoup de projets, toujours plus de projets, beaucoup de choses à faire, et l’envie d’avancer. Mais plus rien dans le réservoir.
La semaine dernière, j’avais un événement qui a duré quatre jours. Quatre jours pendant lesquels on a beaucoup réfléchi, beaucoup travaillé. Et quand tu es avec des gens, tu utilises énormément d’énergie sans t’en rendre compte. Tu es présent, tu écoutes, tu fais attention à ce que chacun dit, à leurs questions.
C’est complètement épuisant.
Alors je voudrais te parler de ça. Parce que cette fatigue, tout le monde la subit. Et pendant des années, je ne l’ai pas écoutée.
Une fatigue qui ne vient pas de nulle part
Quand tu crées un business, quand tu travailles, tu cours après le temps. Tu portes une charge mentale énorme. Les centaines de messages, les notifications, les réseaux sociaux.
Et un jour, tu te lèves et tu es fatigué. Puis le lendemain aussi. Puis la semaine suivante.
Il m’arrivait de traîner une fatigue pendant des semaines et des semaines. Et cette fatigue crée un vrai découragement. L’envie de te poser, de te mettre dans le canapé, de penser à autre chose, d’aller sur les réseaux sociaux. Parce que c’est tellement plus simple que de te mettre derrière l’ordinateur.
Ce n’est plus de la fatigue. C’est de l’épuisement.
Faire, oui. Réfléchir, non.
Dans un business, il y a deux types de moments.
Il y a les moments où tu fais, où tu crées. Ça, même épuisé, ça peut passer. On fait appel à une autre partie du cerveau, qui peut tourner même dans ce qu’on appelle en anglais le brain fog, le brouillard mental.
Et il y a les moments où tu dois réfléchir. Établir une stratégie. Prendre une décision.
Et ça, quand tu es épuisé, c’est tellement difficile.
Le jour où je suis allé trop loin
Pendant longtemps, je n’écoutais pas ce signal. Je continuais de forcer.
Résultat : j’ai fait un burn out l’année dernière.
Attention, il y a de tout dans le burn out. Je n’ai jamais été au point de ne plus pouvoir me lever du lit. J’ai toujours pu me lever, j’ai toujours pu avancer. Mais j’avais vraiment l’envie de tout foutre en l’air. Le business, les trucs, les machins.
Ce burn out m’a mis plusieurs mois dans le mal. Je me suis posé beaucoup de questions. J’avais vraiment envie de changer des choses. Ça m’a coupé toute envie de développer quoi que ce soit.
J’ai viré une grosse partie de mon équipe. Parce que je ne pouvais plus. J’avais atteint une limite. C’était devenu trop de sollicitations, trop d’énergie, trop d’épuisement.
Et aujourd’hui, je n’ai aucune envie de repartir dans ce modèle là.
Ce que la fatigue essaie de te dire
Voilà ce que j’ai appris de ce burn out : la fatigue est un indicateur. Elle te prévient que tu es allé un peu trop loin et qu’il faut recharger ton énergie.
La réalité, c’est que tu seras dix fois plus productif quand tu n’es pas fatigué. Quand tu es prêt. Quand c’est le moment.
Si je force quand je suis épuisé, il se passe trois choses.
Un, je ne suis pas productif. Je peux mettre dix fois plus de temps à faire une tâche que si je la reporte au lendemain, avec de l’énergie.
Deux, mes idées changent. Je commence à penser négativement. J’ai des réactions émotionnelles tournées vers la négation, parfois irrationnelles. Et ce n’est jamais bon d’être dans la négativité.
Trois, je m’épuise encore plus. Et si je ne me dis pas « Ok, aujourd’hui je m’arrête », je vais traîner cette fatigue demain, puis après demain, puis le jour d’après.
Le piège de l’ambitieux
Le pire, c’est que c’est précisément dans ces moments là que tu te dis : « Arrête de pleurer. Tu te lèves, tu te mets derrière l’ordinateur et au travail. »
Surtout si tu es ambitieux et impatient. Comme je l’ai été. Comme je le suis encore.
Et si tu ouvres ton téléphone, le premier truc que tu vois, ce sont des gens qui bougent, qui achètent des choses, qui atteignent leurs objectifs. Alors tu te compares. « Ce n’est pas possible, je ne peux pas rester dans le canapé. Il faut que je bosse. »
Et tu ne prends jamais le temps de te reposer. Tu traînes ta fatigue jusqu’au moment où tu risques le burn out. Ce qui te fait faire dix pas en arrière.
La procrastination intelligente
Aujourd’hui, j’essaie de repérer ces moments. De m’arrêter. De faire une pause.
J’appelle ça la procrastination intelligente.
J’ai des tâches à faire, et je les repousse à demain. Pas parce que j’ai la flemme. Parce que là, maintenant, je ne suis clairement pas assez productif. Je les remets à un moment où je le serai.
Hier, par exemple, j’avais un rendez vous programmé à 18 h. J’ai dit : « Non, écoute, on le reporte à demain. » J’allais être épuisé, j’allais traîner ma fatigue. Ça ne servait à rien.
Aujourd’hui, j’avais deux rendez vous. Ce sont des engagements, je les tiens. Mais cet après midi, je ne travaille pas. Je quitte les écrans, je sors, je vais dans la nature. C’est comme ça que je me recharge.
Et je sais que demain, je reviendrai avec plus d’énergie, plus de motivation, et l’envie de travailler.
Un mois sans bosser
En début d’année, j’ai eu besoin de faire une pause de plus d’un mois. On est partis un mois en Australie. Je n’ai pas bossé. Vraiment pas.
Et quand je suis revenu, j’avais une motivation énorme. J’étais prêt à tout casser. Parce que je m’étais tellement reposé que j’avais vraiment envie de repartir.
On tombe vite dans cet épuisement du quotidien. L’impression de galérer tout le temps. Alors qu’on peut faire une vraie pause. Et après une vraie pause, on a tellement envie de reprendre.
Pourquoi je me suis lancé, au départ
Je me suis lancé dans le business pour devenir libre. Et ça fait très longtemps que je le suis.
Mais il y a un piège. Tu es tellement libre, tu as tellement d’objectifs possibles, tellement pas de plafond, que tu n’arrêtes jamais. Tu bosses tout le temps. Et tu ne profites jamais de ta liberté.
Je n’ai pas monté ce business pour travailler comme un fou toute la journée et m’épuiser littéralement. L’épuisement crée du stress, et le stress crée beaucoup de maladies, beaucoup de problèmes.
Alors j’essaie de réduire au maximum mon stress et ma fatigue. Pour durer. Parce que l’idée, ce n’est pas de faire un coup. C’est d’être encore là dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, avec l’envie de produire, de créer, d’aider, de recruter.
Ce que j’applique aujourd’hui
1. Écoute ta fatigue au lieu de la combattre. Elle n’est pas une faiblesse. C’est une alerte qui te dit que tu es allé trop loin.
2. Procrastine intelligemment. Repousse ce qui demande de la réflexion au moment où tu auras l’énergie. Tiens tes engagements, mais libère le reste.
3. Trouve ce qui te recharge, et fais le vraiment. Pour moi, c’est la nature. Quitte les écrans, sors, coupe. Et si tu peux te le permettre, voyage.
Ce n’est pas toujours facile. Je m’améliore encore. Mais j’ai compris une chose : parfois, il faut être discipliné dans le fait de ne pas l’être.
Discipliné pour se reposer.
Je parle plus en détail de ce sujet en vidéo, tu peux la retrouver ici :
- Rémy




